Côte d’Ivoire: Est-ce qu’on fait un homme en politique ?

Est-ce qu’en politique on fait des gens ou ce sont les gens qui se font d’eux-mêmes par leur acharnement et ardeur au travail sur le terrain ?

L’homme politique en terre ivoirienne

On entend souvent dire que tel a fait un tel en politique et qu’il lui doit tout s’il veut aller plus loin. Certes, cette vue simpliste parfois peut ne pas être juste et la finalité conduit souvent à des égards.

Au PDCI RDA, comme au FPI et RHDP, on ne prend pas le temps de l’analyse et de l’observation et certains tombent dans cette assertion. S’il n’y avait pas des jeunes comme KKB au PDCI RDA pour placer les chaises, mettre les micros, déblayer le chemin pour que le président Bédié vienne tenir des meetings, s’il n’y avait pas des Blé Goudé pour prendre les rues à leurs propres risques et périls, est-ce que le président Gbagbo aurait-il tenu autant d’année de lutte ?

En politique, on ne fait personne. Ce sont les gens qui se forgent de la carapace. On les juge à tort d’être insolents, pressés, ingrats, désobéissants. Dans une démocratie, de tels arguments ne peuvent pas tenir la route, à moins que nous soyons dans une monarchie qui ne dit pas son nom.

Il faut arrêter de prêter de tels mauvais jugements. Les jeunes ont cru dur comme fer pour accompagner leurs leaders politiques, en prenant tous les risques possibles; alors, il ne faut pas les juger pour abroger leur carrière.

Prenant l’exemple de KKB au PDCI RDA, il a donné toute sa vie à son parti politique. Celui qui ne le reconnaîtrait pas, serait de mauvaise foi. On lui reproche de n’avoir jamais travailler, mais ce que l’on oublie, il a consacré de toute sa vie à son parti. S’il se mettait à travailler dans un bureau, qui oserait affronter le terrain pour promouvoir son parti ?

Ce n’est pas la peine de juger ces jeunes qui pour la plupart, n’ont reçu aucune récompense de leur mentor. Qui au PDCI RDA peut juger les actions de KKB ? Qui au FPI peut juger Blé Goudé pour tant de sacrifices ? On ne fait pas des hommes en politique. Du moins quand c’est le cas, celui qui a bénéficié de cette faveur, devient un mauvais pion puisqu’il n’a pas appris à se frotter aux risques, attendant tout de son maître.

Ils ont donné toute leur vie au service de leur pays, ces jeunes qu’on confond d’être fabriqués pour servir et valoir ce que de droit.

Comme en Afrique on ne devient héroïque que quand on fait la prison, Blé Goudé en a fait aux côtés de son mentor. KKB aussi a fait les frais de plusieurs bastonnades.

Pour rappel, qui a bravé toutes les vicissitudes pendant le règne des militaires pour réclamer le retour du président Bédié et le rétablir dans ses droits comme président du PDCI RDA ? C’est encore le jeune KKB. Mais alors, quel prétendu jugement de mauvais procès intenté en son encontre ? Ceux qui sont devenus les juges parce que tout est libre maintenant étaient où pendant les heures chaudes où toutes les actions étaient quasi impossibles ? C’est pareil pour Blé Goudé qui a fini sa course dans la même prison que son maître Gbagbo Laurent.

Nous appuyons notre analyse sur ces deux parce qu’ils subissent trop de frustrations. On ne peut aimer le lièvre, mais il faut reconnaître ses qualités de bon coureur. Le plus édifiant, c’est le silence de leurs mentors sur ces dénigrements.

Aujourd’hui, c’est KKB qu’on lapide d’avoir trahi ou d’accompagner la forfaiture du viol de la constitution par le candidat Ouattara. Et s’il n’avait pas pris ce risque, est-ce qu’aujourd’hui le président Gbagbo serait-il de retour ? La paix apparente allait-elle se faire ? Au soir du 1er novembre 2020, qu’est-ce qui se serait passé ?

KKB est suspendu et Blé Goudé est resté derrière l’eau comme le disent les ivoiriens. C’est ça faire de la politique ?

                                                       Joël ETTIEN

               Directeur de publication : businessactuality.com  

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