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Côte d’Ivoire: Pourquoi Ouattara craint Soro Guillaume?

Ce qui arrive aux ivoiriens, certains le prennent à la légère et d’autres sont concis, précis et contents pour qui savent vraiment lire entre les lignes.

Le cas de Soro Guillaume. Oui, parlons-en pour élucider certaines hésitations et prises de position à la mesure des prises de conscience et de l’éveil des mesures. Soro en sait trop et il ne parle pas. Ça gène. Comme on le dit, c’est celui qui te connait qui te vole. Quand deux couteaux se battent, le poulet se met à l’écart.

Les « pro-Gbagbo » une expression que je ne supporte pas, mais je l’emploie pour étayer mon analyse, jubilent pour certains et pour d’autres, crient à la régulation des injustices. Même si je les comprends, qu’ils se mettent un peu au-dessus de la colline pour voir le village. Le diable se retrouve face à un plus fort que lui et se joue, le dangereux selon l’expression des ivoiriens. Comment dans un pays comme la Côte d’Ivoire, aucun parti politique n’ose prendre position sur les nombreuses exactions et dérives commise sous le pouvoir?

Depuis son retour de sa longue mission, Soro Guillaume et ses lieutenants se sont mis dans la posture de sauveteurs et jouent le rôle resté vaquant par les partis politiques dit d’opposants à Ouattara. Voilà, un président qui se croit au-dessus de tout et de sa forfaiture, le pays est livré à tout sauf à la quiétude et à la sérénité. Aucun parti politique pour dénoncer et les ivoiriens vivent dans la terreur et l’angoisse. Pour ceux qui se disent chefs de parti politique et qui sont gardés de jour et de nuit, la souffrance de leurs citoyens, livrés à toutes les formes de la violence, de la torture, de la vindicte, des braquages devenus normaux, des assassinas autorisés, ne fait plus partie de leur bataille. En plus des microbes, ce sont des braquages qui viennent troubler le paysage économique. Et pourtant, on laisse croire que le pays, offre des gages de sécurité pour y investir. En espace de trois jours, il y a eu plus de quatre braquages dont des morts. Qui ose en parler? Si ce n’est quelques journaux dont le président s’en moque de lire et/ou son service de communication, fait le tri pour ne lui apporter que ceux qui lui plaisent.

Le  » jeune homme » ramassé au coin de la rue, est devenu grand monsieur, le troisième personnage du pays, dont il est le premier. Il faut que Ouattara l’intègre désormais dans son langage. Quand un chef, devient méprisant, hautin, suffisant, orgueilleux, gueulard, tortionnaire, arrogant, il faut que le peuple comprenne qu’il est enfin de règne. Alors peu importe, le courageux, le déterminé même s’il lui est reproché de tous les crimes, le peuple, doit savoir raison gardée et se mettre derrière lui pour bouter hors d’état de nuire le brave, qui n’est que le chef des bandits. Qui est Soro Guillaume? Où va-t-il? Que veut-il? A ces réponses, je ne donne pas mon avis, mais la réalité se profile à l’horizon, elle est là, sous les yeux. Ce que le peuple attend, et si Soro commettait cette erreur, il se serait donné la mort définitive politiquement, c’est son appartenance au RDR. Qu’il s’y démarque et il verra, la meute qui viendrait à sa source.

Pourquoi, Ouattara en veut à Soro? Oui, là, je vais donner mon avis. Le PDCI RDA, le FPI pour ne citer que ces deux partis politiques, se sont mué dans un silence coupable au demeurant complice de ce qui se trame. Et Ouattara adore la division et le désordre pour fonctionner. Sinon, comment comprendre qu’un pays, où à chaque instant, il se produit des crimes, les plus odieux, le président de la république, au lieu d’en faire un souci, va jouer le pompier au Togo? Pourquoi, Ouattara est hystérique à la réconciliation nationale? De quoi Ouattara a peur si les ivoiriens se réconcilient? Et dans ça, les Bédié, Affi N’guessan, Abdramane Sangaré, se plaisent à danser dans des meetings pendant que l’heure est grave, pour distraire le peuple affamé, en lui indiquant la direction de la position géographique de la biche royale dans la prairie. Et, si des chasseurs passaient par-là?

Ouattara croit et pense mordicus que la prison, serait toujours synonyme de sanction, et non, Ouattara, souvent c’est l’effet contraire qui se produit. D’ailleurs, quand Soro demande l’unité des ivoiriens, nous lui recommandons de choisir de manière solennelle, l’hémicycle pour marquer le sérieux et sa ferme volonté de prendre à témoin les opinion nationale et internationale pour tenir ce discours. Ouattara et ses sbires n’ont aucun intérêt de voir les ivoiriens unis et vivre en paix. Il faut que Soro prenne le cadre de l’assemblée nationale pour lancer officiellement, la réconciliation qu’il prône. Le peuple le prendrait plus au sérieux et le suivra, pour mettre fin à sa souffrance. Si Ouattara prend un troisième mandat, les ivoiriens n’auront que leurs yeux pour pleurer. Quel civil peut prétendre prendre ce pouvoir d’état, en l’état? Le PDCI RDA, je crains fort, parce que le parti unifié se trouve sur la table de son président et il va le signer. Au FPI? Non, je ne crois pas non plus, parce qu’ils n’ont pas fini de festoyer et de s’engraisser sur l’emprisonnement de leur président Gbagbo, qui est devenu, leur fond de commerce et dont sa sortie tant souhaitée par Soro Guillaume et nous autres, viendrait mettre fin à leurs privilèges. Un coup d’état? Je ne pense pas, le pays, n’en n’a plus besoin. Mais en l’état, Ouattara a renforcé le respect et la crédibilité de Soro aux yeux de tous comme son adversaire, alors, les ivoiriens, n’ont qu’à choisir. Même en cas de réconciliation entre les deux, je ne pense pas, que cela puisse ramollir les plaies.

Ouattara oublie que pendant qu’il se prend pour le brave dans le film, son « jeune homme » a grandi et lui aussi, se fait des réseaux, quand les siens sont devenus obsolètes, inexistants, rattrapés par la justice et dont les forfaitures sont exposées au grand jour dans les journaux. Il a rendu Soro Guillaume martyr et aujourd’hui, en cas de compétition, son  » jeune homme » le bat à plat de couture. En politique, il faut avoir, une base. Il a flatté les nordistes du pays, qu’il serait un des leurs et ces nordistes lui ont cru, pour lui réserver leur région comme son bastion. Mais ce qu’il oublie, c’est qu’il n’y est pas natif et c’est Soro, le vrai enfant du terroir. Le traiter comme il le fait, peu importe les fautes commises par Soro, le sénoufo, prendra la défense de son fils. Ouattara a perdu, le nord.

Sur qui, il comptera? Sur Gon Coulibaly? Hamed Bakayoko? Qu’ont-ils fait pendant les heures chaudes de sa rébellion? Gardez s’il vous plaît vos élucubrations pour penser sérieusement à la souffrance du peuple ivoirien. l’heure est grave.

D’abord, ce qui fait la crédibilité d’un homme, c’est le courage d’affirmer ses ambitions. C’est le prix personnel que Soro veut payer comme l’a fait Ouattara, le banquier, du temps des Bédié et Gbagbo. Soro est prêt à payer ce prix à Ouattara, même si Ouattara ne le considère plus, parce que Ouattara n’aime pas les incongruités et les élèves turbulents. Son sommeil est entrain d’être troublé et les ivoiriens, n’ont plus à ronger les ongles. Il est l’heure de choisir.

Soro ne s’est-il pas rendu compte que la nature ayant horreur du vide, il est devenu l’opposant farouche, déterminé dont Ouattara craint? Maintenant, que les choses semblent claires, si les ivoiriens veulent la paix, la réconciliation, la sécurité, Soro leur frère, est prêt à se sacrifier, pour payer le prix de toutes les horreurs commises, après, ils feront ce dont ils ont envie, sinon le feu avance inexorablement, comment l’éteindre et avec qui et avec quoi?

Quand un « jeune homme » devient opposant, le vieux ne dort plus, ainsi va la vie. Qui d’autre veut se jeter dans le combat? Pour l’heure, c’est lui seul que nous voyons. Que celui qui se sent déterminé se montre, pour que nous fassions un choix.

Joël ETTIEN   

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