Pour qui travaillent les institutions africaines : cas de la CEDEAO ?

Nous avons voulu nous intéresser aux institutions africaines. Nous commençons par la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest) ou en anglais ECOWAS (Economic Community of West African States). 

1.BRÈVE PRÉSENTATION DE LA CEDEAO

En navigant sur son site et WIKIPEDIA, nous apprenons que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), est une organisation intergouvernementale ouest-africaine, créée le 28 mai 1975 à Lagos (Nigeria). Elle compte 15 États membres, couvrant une superficie de 5 114 240 km2 avec une population de 346,7 millions d’habitants. Son but principal est de promouvoir la coopération et l’intégration économique.

En 1981, la CEDEAO adopté un protocole d’assistance en matière de défense . Et en 1990, la mise en place d’un groupe de supervision est décidé. En 1991, de supervision, la CEDEAO devient une force d’interposition, notamment dans les guerres civiles du Liberia, de Sierra-Léone et de Guinée-Bissau. En 1999, naquit L’ECOMOG . C’est une force de surveillance de cessez-le-feu, de maintien de paix, d’intervention humanitaire, de désarmement et de démobilisation. « Après cette brève présentation, voyons quelques actions afin de juger de sa crédibilité. 

2.PENDANT QUE LA CEDEAO SOUTIENT UN COUP D’ÉTAT EN CÔTE D’IVOIRE

Le 19 septembre 2002, un groupe de rebelles, entraînés pendant des mois au Burkina Faso, tentent un coup d’état. Le 29 septembre 2002, eut lieu, à Accra (Ghana), un premier sommet. Il est convoqué par le président sénégalais d’alors Me Aboulaye Wade- qui assurait la présidence de la CEDEAO. Au cours de cette rencontre, la CEDEAO condamnera la tentative de coup. Mieux, elle va exiger le désarmement des mutins. Mais dans la suite, contre toute attente, une autre voie sera choisie.

Ainsi, le 17 octobre 2002, le ministre sénégalais des affaires étrangères d’alors, M. Cheikh Tidiane Gadio et le secrétaire général de la CEDEAO, M. Mohamed Ibn Chambas, furent transportés par l’armée française, dans le fief des mutins, à Bouaké (2ème ville de Côte d’Ivoire) pour y signer un accord de cessez-le-feu, avec les mutins. Puis la CEDEAO ira ensuite à Abidjan (capitale de la Côte d’Ivoire) pour exiger que le président élu, Laurent GBAGBO enterrine cet accord, ignorant le désarmement des rebelles inscrit dans l’accord d’Accra 1 du 29 septembre 2002.

Ainsi donc, grâce à la CEDEAO et France politique, le coup d’État du 19 septembre 2002, ayant échoué, se muera en rébellion armée. Et cette rébellion afin reconnue demeura jusqu’aux élections du 28 novembre 2010. Il faut rappeler qu’à la suite de ces élections, le Conseil Constitutionnel, conformément à la Constitution du 1er août 2000, reconnu le candidat Laurent GBAGBO vainqueur. Mais, les ambassadeurs de la France et des Etats-Unis, amenèrent, le président de la Commission électorale indépendante, M. Youssouf Bakayoko, seul, au quartier général, de l’ autre candidat, à savoir M. Alassane Dramane OUATTARA, pour le proclamer également président élu.

Dans cette crise post électorale, la CEDEAO choisira cet autre coup d’État, c’est-à-dire M. Alassane Dramane OUATTARA comme élu. Mieux, L’ECOMOG, sa force militaire fera même la guerre à l’armée régulière de Côte d’Ivoire, aux côtés des rebelles et de l’armée française. Et sans surprise, cette coalition vint à bout de l’armée ivoirienne en capturant le président GBAGBO au palais présidentiel, avec son épouse Simone Ehivet et d’autres personnes. Le président GBAGBO arrêté, sera déporté pendant 8 mois au nord (Korhogo).Puis, ce sera à la CPI (La Haye-Hollande) où il sera jugé avec son ministre C BLÉ GOUDÉ, lui également capturé pendant son exil au Ghana .Dans les deux derniers cas, la CEDEAO n’exigera sa libération. 

3…….. ELLE LE CONDAMNE AU MALI. 

Le 18 mars 2011, Les puissances occidentales, à travers l’OTAN attaquent, sans raison valable, la LYBIE du colonel Muhammar KADHAFI. Le 20 octobre 2011, ce dernier est capturé par la coalition impérialiste occidentale, et remis aux rebelles libyens. Il sera exécuté. Cette action aura des conséquences très lourdes sur l’Afrique, notamment le Mali, pays frontalier. Il faut rappeler que la France politique, à travers le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre Alain Juppé voulurent mettre en exécution, le plan de De Gaulle qui consistait à scinder le Mali en deux. Ainsi, le « problème » de la minorité touaregs-à peine 500 000 sur 16 millions d’habitants, à cette époque- deviendra la préoccupation majeure de Sarkozy et Juppé. Et pourtant, dans le Niger voisin, 3 millions de de Touaregs y vivent. Et c’est dans leur zone d’habitation que depuis 1959, la France exploite l’uranium. Grâce à cet uranium du Niger, exploité par AREVA, que 80% du territoire français bénéficie d’électricité par rapport aux centrales nucléaires.

Revenons à la destruction de la LYBIE. Après la mort de KADHAFI, des centaines de Touaregs alliés à KADHAFI ou mercenaires pour le compte des Occidentaux vont se replier au nord du Mali, emportant avec eux leurs armes. C’est ainsi qu’à la suite de l’insurrection des rebelles touaregs, du 17 janvier 2013, les mouvements islamiques (dont les principaux sont Ansar Edinne, AQMI et MUJAO) vont prendre la tête du mouvement et imposer un régime totalitaire, en appliquant la charia islamique .La force de l’ECOMOG n’interviendra jamais pour libérer le Mali.

François Hollande, élu président de la République après Sarkozy, apprend que ces islamistes qu’ils toléraient, ont décidé d’attaquer les intérêts français, notamment le site de AREVA, à Arlit au Niger. Le 9 janvier 2013, la France, par annonce propagandiste, fera croire qu’elle va en guerre contre les terroristes pour libérer le Mali. Ce qui n’est pas vrai. Car nous savons que le nord du Mali est occupé depuis près qu’un an. En réalité, c’est M. Dioncounda Traoré, le président par intérim du Mali (après le coup d’État du 22 mars 2012) , qui demanda une assistance aérienne de la France afin de libérer son pays. La France qui donnera l’impression de libérer le Mali, va contraire, scinder le pays en deux États : le sud avec pour capitale Bamako, et le nord, Kidal.

Pour se donner une bonne apparence, l’homme lige de la France, Ibrahim Boubacar KÉITA (IBK) sera élu dans ce contexte. Lui et son gouvernement ne pourront se rendre à Kidal que s’ils s’acquittent d’une rançon d’entrée sur cette partie du territoire du Mali. Et c’est dans ce contexte que pendant 2 mois, il eut des mouvements de grève. Le Mouvement du 5 juin, qui naîtra, va réclamer le départ du président IBK, incapable de protéger la population, surtout depuis deux ans des attaques « jihadistes ». Sans oublier que c’est un pouvoir corrompu et incapable. Cela va entraîner le blocage du pays. Et c’est là que la CEDEAO interviendra en demandera aux leaders du mouvement de protestation de surseoir à leurs manifestations légitimes et qu’un gouvernement d’union national sera formé. C’est comme si l’union européenne demandait aux gilets jaunes de surseoir à leurs manifestations et accepter les décisions du régime MACRON.

Le 19 août 2020,l’armée républicaine prit ses responsabilités, et déposa IBK. La CEDEAO intervient de nouveau en imposant des sanctions contre le Peuple malien: suspension du Mali de ses instances, fermeture des frontières avec la Côte d’Ivoire, etc. 

Par ailleurs, le président par intérim du Mali, Assimi Goïta, pour libérer son pays de ces rébellions islamistes fit appel à la société paramilitaire russe Wagner. Rappelons, cette société russe a permis aux présidents syrien Bâcher El Assad et Vénézuélien Maduro de faire face aux rébellions et libérer leur pays respectifs. Mais la France, qui depuis 2013 n’a pu libérer le Mali, s’oppose à la décision souveraine du gouvernement Malien. Bien évidemment, la CEDEAO va également emboîter le pas à la France, en exigeant ce groupe paramilitaire russe ne foule pas le sol malien. Lisons à cet effet, les propos tenus sur RFI, chaîne de propagande française M. HASSOUMI MASSAOUDOU, ministre nigérien des Affaires étrangères du Niger, à l’issue du sommet extraordinaire de la CEDEAO du 16 septembre 2021  » (…) L’évolution de la situation au Mali ne préjuge rien de bon, parce que les militaires marquent leur volonté lorsqu’ils disent que les élections ne sont pas leur priorité.

Pour la CEDEAO, et cela a été réaffirmé : les élections, c’est notre priorité. En février 2022, les élections doivent avoir lieu, sinon nous allons associer l’ensemble de la communauté internationale aux sanctions contre les militaires maliens. Nous exigeons une feuille de route claire pour qu’on aille aux élections. 

Deuxièmement, nous n’acceptons pas que, dans notre sous-région, des mercenaires viennent s’impliquer, viennent dégrader davantage la situation sécuritaire. Par conséquent, la Cédéao condamne cette velléité du Mali de signer un accord avec cette société Wagner de mercenaires russes. »

4. ET LA CEDEAO SOUTIENT UNE DYNASTIE AU TOGO.

Le 5 février 2005, le dictateur président du Togo Étienne GNASSINGBÉ Éyadema rendit l’âme. Il était au pouvoir depuis le 13 janvier 1967, après avoir fait son deuxième coup d’État contre Nicolas Grunitzky. Mais au lieu que les dispositions constitutionnelles soient appliquées, c’est un coup d’état qui s’est opéré. En effet, la Constitution du 14 octobre 1992, en son article 65, alinéa 1 dispose:  » En cas de vacances de la présidence de la République par décès, démission ou empêchement définitif, la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le président de l’assemblée nationale. (…) ».

Au lieu que ce soit le président de l’assemblée nationale togolaise M. Fambaré Natchaba qui assure l’intérim, c’est le fils Faure GNASSINGBÉ qui est placé au pouvoir par l’armée communauto-régionale. Le chef d’état major, le général Zakari Nandja fit irruption sur la scène politique en déclarant à la télévision nationale que l’armée faisait allégeance au fils, Faure GNASSINGBÉ du défunt . Entre temps, le président de l’assemblée nationale qui se trouvait en France au moment de la mort du dictateur n’a pu entrer sur le territoire togolais. Son avion fut détourné sur la capitale du Bénin (Cotonou). Il y restera pendant deux semaines.

Chose extraordinaire, le conseiller juridique du régime togolais, le français Charles DEBBASCH, qui était dans le même avion que le président de l’assemblée nationale, sera autorisé à entrer sur le territoire. Il sera d’un apport juridique estimable à l’ascension du fils GNASSINGBÉ au pouvoir. Il va proposer au clan les nouveaux articles. C’est ainsi, le lendemain dimanche 6 février 2005, l’assemblée nationale monocolore, sans surprise va modifier la constitution. Et pour donner une allure de démocratie, c’est le vice-Président Abass Bonfoh qui assura l’intérim pour les élections présidentielles prévues, pour le 24 avril 2005. Et sans surprise, c’est Faure GNASSINGBÉ qui est proclamé élu président de la République. Et ce sera au détriment de nombreuses pertes en vies humaines. L’on parle d’au moins 500 personnes assassinées par l’armée tribale. 

En conclusion à cette partie, nous avons montré que cet autre coup d’État dynastique fut rendu possible grâce à la l’armée communauto-regionale, appuyée par la CEDEAO et la France de Jacques Chirac. Le pire est que Faure GNASSINGBÉ demeure, jusqu’à ce jour, au pouvoir. Il aura fait des émules sur le Continent-Mère : au Gabon par une succession dynastique, et en Côte d’Ivoire, en Guinée par faire un troisième, puis quatrième mandat, en violant avec l’aide de la CEDEAO les lois du Togo. N’est-ce lui qui a certainement inspiré Alassane Dramane OUATTARA en Côte d’Ivoire, le 31 octobre 2020 dernier ? 

CONCLUSION

Comme nous venons de le voir, la CEDEAO, à l’instar de d’autres institutions africaines, agissent non pas au service des Peuples. Elle agit plutôt comme un syndicat défendant les pouvoirs des dirigeants anti-patriotes, non nationalistes, mais vendus aux puissances occidentales. 

Devrions-nous laisser ces institutions continuer briser l’avenir du Continent-Mère ou nous déterminer à prendre nos responsabilités comme l’ écrivait Frantz Fanon dans les Damnés de la terre : »Chaque génération, dans une relative opacité doit découvrir sa mission : la trahir ou l’accomplir.

« L’HISTOIRE EST LE TRIBUNAL DES PEUPLES. 

Fait le 24 septembre 2021

Tapé GROUBERA

Président du Mouvement pour la Renaissance de l’Afrique (moraf).

Auteur du livre CES AFRICAINS ENNEMIS DES AFRICAINS.

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