(Re)construction de la Gauche en Côte d’Ivoire : A l’heure de la vérité et de la clarification, il y a toujours des coups qu’on prend. Par Claude Koudou

Pourquoi nous-sommes nous investis à fond dans ce combat ? Il y a d’abord la conviction que ce que nous croyons juste a fondé en nous. Ensuite, les injustices qui jalonnent le paysage sociopolitique sont venus renforcer notre élan.

(Re)naissance de la gauche de la Côte d’Ivoire

La gauche a des valeurs : la solidarité, la tolérance, et l’inclination aux débats démocratiques…

Dans tous les pays qui ont acquis le régime démocratique, il y a eu des penseurs (écrivains, philosophes, anthropologues sociologues…) : Montesquieu, Voltaire, Descartes par exemple pour la France et il y a encore et il y aura toujours des hommes et femmes de référence qui partagent leur savoir et savoir-faire pour que la société continue de connaître le développement qui n’est jamais en soi un acte totalement accompli.

C’est le combat contre la pensée unique établie depui les années 1960 qui nous a entraînés et mobilisés dans les années 1980. Ensuite les conséquences du multipartisme et la quête de la démocratie cristallisent notre lutte aujourd’hui.

Quand hier, nous élevions la voix en interne pour attirer l’attention sur des dérives et des comportements qui pouvaient provoquer notre chute, on nous taxait de frustrés si on ne nous prenait pas pour des gens qui donneraient des arguments à l’adversaire. Ce qui était là comme une chape de plomb n’a pas éteint notre bon sens et nous avons continué d’alerter sur des comportements et des légèretés qu’on ne doit pas voir dans la pratique d’un pouvoir digne. Nous connaissons aujourd’hui les conséquences du déni.

La poursuite du combat s’est fondée par ailleurs sur la croyance que des comportements qui ont contribué à la chute du pouvoir ne seraient plus reconduits.

Le problème dans ce qui veut s’appeler la gauche en Côte d’Ivoire, est que tous ceux qui posent des problèmes de fond ou de nature à enrichir les ressorts de notre combat sont pris pour des porteurs de traîtrise.

Il y a même des cyberactivistes qui sont payés à faire de la délation, à cultiver du lynchage, à diaboliser en empruntant des raccourcis du genre : « Ouattara lui donne de l’argent » ou « il est vendu ».

Ce type d’attitude ne nous émeut guerre puisque cela est finalement devenu une antienne. Quand j’ai payé des voyages pour aller voir des amis à Accra et j’ai passé des jours, semaines, mois et années au téléphone pour convaincre sur la nécessité de sortir le FPI de l’isolement, et que c’était bon pour avoir des retombées sur le plan communicationnel et donc de changer la donne dans le pays, beaucoup s’en sont pris à moi.

Pour la plupart de ceux-là, le PDCI était à l’hôtel du Golf avec le RDR en avril 2011 et on ne pouvait donc pas les fréquenter. Nombre des responsables de l’ex-FPI qui me vouent de l’inimitié parce que je ne les aurais pas consultés avant d’entreprendre une telle démarche – qu’eux-mêmes ont d’ailleurs fustigée -, sont présentés comme les artisans du rapprochement FPI-PDCI. Pourtant les savants de cette histoire sont tous vivants. Et ceux qui m’ont combattu en sont quand même fiers. Cela est incorrect si on veut observer un minimum d’honnêteté intellectuelle.

Pour nous qui voulons la démocratie, ce qui est grave, c’est que dès lors que l’on interroge sur des actes qui sont de nature à diviser là où nous devons rassembler, on vous oppose que vous vous plaignez parce que vous n’avez pas été appelé à participer à une commission d’organisation du nouveau parti en perspective. Comme si tout le monde était prêt à travailler avec des personnages qui n’ont de promotion que parce qu’ils font de la délation ou lynchent leurs camarades.

Quel message voulons-nous envoyer aux jeunes générations si nous sommes allergiques à la vérité, si nous voulons écrire l’histoire comme cela nous arrange ou si nous sommes versatiles ? La position à soutenir que la normalité doit être une variable d’ajustement est indécente et paradoxale au vu de ce qu’on prétend défendre.

En tout état de cause, il faut savoir que toutes les causes n’ont pas de majorité dès le départ. Le sort que j’ai subi avec des amis du PDCI dans le rapprochement des deux partis est là pour en témoigner. Pourtant, quasiment tout le monde en est content aujourd’hui. Le combat doit donc continuer pour le bien-être des Ivoiriens que ce soit du point de vue psychologique, sociopolitique, intellectuel et matériel, quoi qu’il en coûte.

Enfin, il faut dire qu’il serait sain, pour gagner collectivement, de ne pas inutilement déplacer ou polluer le débat. Et il faut bien intégrer que la contestation du leadership de Laurent Gbagbo n’a jamais été à l’ordre.

Par Claude Koudou

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