Afghanistan: le traitement des femmes par les talibans sera une «ligne rouge», prévient l’ONU

Le traitement des femmes par les talibans sera une « ligne rouge », a prévenu mardi 24 août la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme lors d’une réunion spéciale du Conseil des droits de l’homme sur l’Afghanistan.

L’ONU avertit les talibans

« Une ligne rouge fondamentale sera la façon dont les talibans traitent les femmes et les filles et respectent leurs droits à la liberté, à la liberté de mouvement, à l’éducation, à l’expression personnelle et à l’emploi, conformément aux normes internationales en matière de droits humains », a déclaré Michelle Bachelet, à l’ouverture des débats. « En particulier, la garantie de l’accès à une éducation secondaire de qualité pour les filles sera un indicateur essentiel de l’engagement » des talibans en faveur des droits humains, a-t-elle ajouté.

Le CDH organise trois sessions ordinaires par an, mais si un tiers des États membres en fait la demande, il peut décider à tout moment de tenir une session extraordinaire. La session extraordinaire sur l’Afghanistan se tient à la demande du Pakistan, en tant que coordinateur de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) sur les droits humains et les questions humanitaires, et de l’Afghanistan, représenté par le diplomate que l’ancien gouvernement avait nommé, avec le soutien de près d’une centaine de pays, dont la France et les États-Unis.

L’ONU veut rester en Afghanistan

Le projet de résolution qu’ils ont fait circuler s’en tient à des principes généraux de respect des droits humains, rappelle notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche. C’est trop peu pour la représentante de la commission afghane pour les Droits de l’homme Shaharzad Akbar qui demande, elle, l’envoi d’une mission de l’ONU à Kaboul. « Les militants afghans qui sont sur le terrain et qui risquent leur vie demandent mieux de la part de ce Conseil. Pour être honnête, vous êtes en train de les laisser tomber. Mais vous avez une chance, aujourd’hui, de vous faire pardonner », estime-t-elle.

Mais l’ONU marche sur des oeufs. Les Nations unies veulent rester sur place et doivent pour cela parler aux Talibans. L’organisation a tout de même évacué une partie de son personnel, notamment vers le Kazakhstan. Toutefois, les employés afghans sont eux toujours sur place et craignent pour leur sécurité.

Atteintes aux droits humains

Depuis leur prise du pouvoir le 15 août, les talibans tentent de convaincre la population qu’ils ont changé et que leur régime sera moins brutal que le précédent, entre 1996 et 2001. Ils ont notamment affirmé qu’ils respecteraient les droits des femmes, qu’elles seraient autorisées à recevoir une éducation et à travailler, et que les médias seraient indépendants et libres.

Mais cela n’endigue pas le flot de ceux qui ne croient pas en leurs promesses et veulent à tout prix partir. À Kaboul, des milliers de personnes se massent autour de l’aéroport en espérant pouvoir quitter leur pays à bord des avions affrétés par les Occidentaux. Michelle Bachelet a indiqué avoir reçu « des informations crédibles faisant état de graves violations du droit humanitaire international et d’atteintes aux droits humains dans de nombreuses zones sous le contrôle effectif des talibans ».

Et de prévenir les talibans : « Les violations des droits humains sapent la légitimité de leurs auteurs – à la fois vis-à-vis de la population, mais aussi des institutions régionales et internationales et des autres États ».

Avec AFP )

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