Afrique: Et si les blancs n’avaient pas inventé la fête des morts ?

Les 1er au 3 novembre de chaque année sont de moments tristes consacrés à des morts; et si les blancs n’avaient pas créé cette fête des morts, que feraient les africains ?

Toussaint, la fête des morts

Prenant notre cas, du vivant de nos morts, en ce qui concerne les ivoiriens, certains n’ont jamais reçu de fleurs; alors, courir dans les cimetières pour leur déposer des bouquets de fleurs rime à quoi ? Et si les européens n’avaient pas inventé cette journée dans l’année pour faire vendre les fleurs, remplir les édifices religieux, les morts africains n’auraient jamais eu d’égards ?

Donc pour se souvenir de nos morts, il faut que cela vienne encore des blancs ? Chez les Akan par exemple, c’est tous les jours qu’ils pensent à leurs morts. Ils leur réservent des plats dans des petites assiettes déposées à des endroits spécifiques pour les inviter à venir les consommer. Dans la semaine, ils prennent un jour pour se rendre dans les cimetières pour désherber et nettoyer les tombes. Ils n’ont pas attendu que les européens viennent leur imposer ces actes.

Les femmes qui le font n’y vont pas avec des bouquets de fleurs, mais avec des machettes, des dabas. Les morts ne sont pas morts chez les africains et c’est tous les jours qu’ils sont vénérés. On ne peut rien entreprendre si on ne leur adresse pas des doléances pour toutes actions en vigueur.

D’où est venue cette idée de consacrer une seule journée aux morts africains ? N’est-ce pas pour meubler les paroisses et autres temples religieux ? Heureusement que l’islam ne connaît pas ces moments ?

Mais là aussi, on n’apprend rien chez ces africains, puisqu’ils sont tous nés croyants. Revenons encore chez les Akan, les libations sont aussi sources de prières si tel que prier nourrit la foi.

On ne peut pas mêler la tranquillité des morts par des dépôts de fleurs une seule journée dans l’année et attendre l’année suivante. Ce sont des actes au quotidien.

Sur la toile, des photos des morts, des fleurs, des signes de tristesse, mais en Afrique, les morts ne sont pas morts. C’est parce que chez les blancs, ils se rendent rarement au cimetière qu’ils ont inventé cette journée pour les contraindre à se souvenir de leurs disparus, ces journées de dépôts de gerbes de fleurs en Afrique revêtent quels sens ?

Au regard de toutes ces habitudes importées de l’occident, quelles sont les fêtes initiées par les africains ? Chez les Akan que nous maitrisons le mieux, ils ont leurs fêtes traditionnelles: fête de génération, fête des ignames; ce sont des moments de communion avec les vivants et les morts.

S’il n’est pas trop tard, quelle invention dans ce domaine les noirs peuvent-ils créer pour honorer l’esprit de leurs morts car, il y a eu des cimetières où personne ne s’y est rendu pour des dépôts de fleurs ? Est-ce pour cela que leurs morts se retourneront contre eux ?

                                                                Joël ETTIEN

                 Directeur de publication : businessactuality.com

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