Côte d’Ivoire: Où est la place de la culture ?

Si la culture doit vivre ou faire vivre, où sont les salles de cinéma, de théâtre en Côte d’Ivoire ? Madame Ahondjon Badou Kouamé, ministre la culture, des arts et de l’industrie, fait un travail formidable pour lequel la grande chancelière vient de l’honorer par une distinction de grade de chevalier. Cependant, de quoi vivent l’art et la culture ?

En dehors de la maison de la culture qui n’est pas entretenue, il n’y a rien d’autre au plan national et communal pour la promotion de la culture. Toutes les grandes salles de cinéma sont transformées en des lieux de culte.

Aussi, si ce n’est pas sur leurs téléphones portables, les ivoiriens ont perdu le goût d’aller au cinéma et les acteurs sont à l’abandon. Heureusement que les chaines privées de télévision en font des animations, mais le réel problème, où peut-on se rendre pour suivre des films et des théâtres ?

Comme la nature a horreur du vide, les films brésiliens ont occupé cet espace qui se sont transformés en chaine de télévision.

On rappelle que les cinémas répondent aussi à d’autres objectifs. Ils sont des lieux de rencontres et d’échanges. Récemment, madame Badou et une forte délégation s’étaient rendues à Ouagadougou, dans le cadre du festival africain du cinéma, le FESPACO. Si la population n’a pas d’endroit où se rendre pour regarder des films et rire pour des prestations théâtrales, comment pourra-t-elle donner son avis sur la qualité des acteurs et des films ? La Côte d’Ivoire est devenu le seul pays où sa population rie sur son téléphone portable et n’a pas d’endroit où se rendre en groupe pour se détendre. Tout est devenu église. Il faut que le pouvoir ivoirien songe à prendre des mesures radicales pour mettre ce milieu à l’abri et restituer le gagne-pain des acteurs et réalisateurs. A cette allure, l’art ivoirien risque de rendre l’âme.

Dans aucune commune ivoirienne on ne trouve des salles de cinéma. A quoi cela répond-t-il ? Pourquoi l’état ne récupérerait pas ces grandes salles de cinéma pour les mettre au service du ministère de la culture pour promouvoir ce secteur ? Depuis des décennies que ces prêcheurs occupent ces grandes salles, quels miracles ces pasteurs ont produit quand on fait le bilan de la situation des ivoiriens ?

Comment peut-on promouvoir la culture dans un pays s’il n’y existe pas de commodités et de réceptacles à cet effet ?

Madame Badou fait un énorme travail, mais à quoi ça sert si tous ces efforts se noient dans le néant ? Ne prêche-t-elle pas dans le désert ? Elle veut marquer des traces, mais comment y parvenir ? Elle soigne une plaie sans enlever la croute. Hélas !

                                                    Joël ETTIEN

                 Directeur de publication : businessactuality.com

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