Burkina Faso/Affaire François Compaoré: Et si la France s’en servait pour se laver de tout soupçon?

La courte mise aux arrêts du petit frère de l’ancien président burkinabé Blaise Compaoré, François à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle le 29 octobre revenant d’Abidjan dans un vol Air-France, continue de susciter émoi puisque l’assassinat du journaliste Zongo que j’ai rencontré en son temps à Ouagadougou, quelque temps avant sa mort, soulève beaucoup d’interrogations, de douleur et de vengeance.

L’affaire dépasse le simple cadre du Burkina Faso, elle est devenue, africaine, alors, tous les africains, ont les yeux rivés vers/sur Paris pour la suite de ce dossier et de son acteur principal, le champion François Compaoré, sous le pouvoir de son grand frère. Et si pour une fois, la France s’en servait pour se laver de tout soupçon?

Rouan Gomez de RFI a ouvert son micro, ce jour du 31 octobre 2017 à ses auditeurs pour leur donner la parole sur cette affaire. C’est la passion que le débat a suscitée qui m’encourage à donner mon avis. D’aucuns me prendraient pour un « pro-Zongo », je m’en sentirais très fier, peu importe.

J’ai rencontré Zongo à Ouagadougou. Cet après-midi là, le soleil me semblait très en colère, tellement il faisait chaud, dans un petit café, non loin du stade du peuple. Très effacé, humble, il était vêtu de son boubou Dan fani rayures (bleue verticale et blanche). Un petit carnet et un stylo dans un petit sac accroché à son épaule. Il ne donnait aucun signe craintif et il n’était dangereux en rien. Il avait son stylo et son petit magnéto. J’ai immédiatement éprouvé de l’admiration pour lui.

Je voulais savoir les circonstances de la mort de Thomas Sankara, s’il en savait quelque chose. « Sankara reste et demeure, mon idole. Il y avait une telle atmosphère pesante sur la ville. Nous avons échangé longuement et il m’a nourri cet après-midi. Laisses-moi terminer un dossier brûlant et ne t’en fais pas, nous allons ouvrir bientôt le dossier Sankara, des démarches sont en cours auprès de certains témoins clés, » me rassurait-il. Avant de nous séparer, je lui disais, et si on t’appelait Colombo, dans un coin de son sourire, « pourquoi, voudrais-tu que je porte le nom d’un américain? Le mien me suffit « et nous avons ri et il est parti. J’apprends quelque temps plus tard qu’il a été assassiné.

Son assassinat ne m’a pas surpris à cause de la férocité du pouvoir, de ses attributs, de ses commanditaires sous M. Blaise Compaoré, l’homme qui ne souriait que, lorsqu’on venait lui dire que l’assassinat a été exécuté.

Alors, si la France a eu ce courage de mettre François Compaoré aux arrêts, qu’elle aille jusqu’au bout, en l’extradant au Burkina Faso. S’il y a un début, qu’il y ait également une fin. Cette France qui est tout le temps soupçonnée de tous les crimes commis en Afrique, voilà, une occasion pour montrer à la face du monde, qu’elle ne veut plus être le charognard des africains pour s’arroger tous les droits et devoirs sur ceux-là. A écouter les auditeurs de cette émission, le journal des auditeurs sur RFI, de ce jour, on a senti un grand besoin de justice au Burkina Faso. Il faut que ceux qui se sentent puissants en tuant sous le couvert du pouvoir, leurs parents, qui ôtent la vie, soient jugés parce qu’ils endeuillent des familles, qui vivent dans des douleurs, quasi éternelles.

En plus, la France n’est-elle pas fatiguée de se  faire indexer par le monde entier, comme vivant aux crochets de l’Afrique? Autant d’atrocités commises en Afrique, dont cette même France, est accusée. Des crimes odieux, en passant par des chefs d’Etats depuis le début des « indépendances » africaines à nos jours, à des journalistes, il y a trop de saleté qui noircissent la blanche France. Si on était en Afrique, les journalistes de MEDIAPART seraient tous tués parce que ces genres de trouble sommeil, les responsables africains, ne les supportent pas. On les tue et puis il n’y a rien. Aucune enquête sérieuse n’aboutit. L’Afrique et ses fils sont obligés de vivre chez eux, bouche cousue sous la terreur des dictatures, des oppressions les plus ignobles. Pourquoi, ce que les autres ont banni chez eux, ils l’encouragent en Afrique?

Voilà, un procès qui, s’il a lieu et c’est notre souhait, viendrait freiner, tous ces parias de frères, cousins, épouses, maîtresses dans la gestion des pouvoirs en Afrique.

François Compaoré, quel que soit le nombre de passeports ou de changement de nationalités, doit répondre de ses actes, si ceux-ci sont entachés de sang. La France en posant cet acte, prouverait que la fameuse France-Afrique dont on attribue la paternité au président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara ne fait plus partie de la priorité du président français Emmanuel Macron et que les autres présidents français qui viendront, l’abrogeraient.

La France, est trop soupçonnée dans des crimes odieux qui bloquent l’élan du développement de tout le continent africain francophone. Coopération France-Afrique, il y a trop de cadavres dans les placards, sortez-les, ils veulent tous parler avant de mourir. On attend…

La France qualifiée de douce chez certains francophiles, semble être amère chez les africains francophones. Elle peut à tout moment, changer si et seulement si elle constitue véritablement, un pays des droits de l’Homme et de démocratie.

Joël ETTIEN

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