Côte d’Ivoire: Attention aux propos, les provocations reviennent.

Les ivoiriens vont-ils retomber dans le monopartisme après tant d’années de lutte pour en arriver à la démocratie ? A la suite de la réplique du porte-parole du gouvernement au président Gbagbo qui demandait la libération des prisonniers militaires, on le rappelle à l’ordre en lui récitant du civisme et de la bonne conduite. Le ton était trop sévère.

On rappelle à Gbagbo Laurent d’avoir un comportement de woody et de ne pas abuser de la naïveté de ses militants. Ainsi donc, la liberté d’expression n’existe plus ?

Si beaucoup d’ivoiriens ont lutté pour obtenir cette fragile démocratie au prix de leur sang et de leur vie, ce n’est pas pour revenir aux anciennes pratiques monocolores, puisque les souvenirs liés à cette lutte sont encore vivaces dans les esprits. Une démocratie fragile ne s’alimente pas de reproches, surtout à ce niveau de responsabilité où se trouve le président Gbagbo. Cela est un relent de provocation.

Les propos provocateurs reviennent dans les discours, et pourtant ils n’ont pas encore fini de réparer les préjudices causés par la guerre et les différentes crises; autant le ton doit baisser.

Quand le président Gbagbo avait été reçu par le président Ouattara, certains ont cru que les deux venaient de signer un deal. Devant le président Ouattara, sur le perron de la présidence, le président Gbagbo n’a pas arrêté de supplier son grand frère à libérer tous les prisonniers et qu’il ne comprenait pas que lui, le mentor, soit en liberté et les autres en prison.

Où est le crime causé par ce dernier ? Au regard du temps qui avance et ne voyant venir sur le sujet, il fait un rappel et on le renvoie à ses copies de civisme. Non, qu’ils ne reviennent plus à des provocations, mais plutôt aider le ministre de la réconciliation et de la cohésion nationale KKB à réussir sa mission. En quoi demander la libération des prisonniers militaires devient un outrage à l’état ? Donc le régime ne veut pas libérer ces ivoiriens détenus depuis des lustres sans qu’ils soient jugés ? Depuis plus de 11 ans, personne ne sait dans quelles conditions ceux-là sont traités, et demander leur libération donne ce goût insipide ?

De quoi le pouvoir ivoirien a-t-il peur pour donner cette impression de panique aux supplices du président Gbagbo ? Vaut mieux prévenir que de guérir. Aujourd’hui, les ivoiriens veulent apprendre à fréquenter la paix, leur deuxième religion. Alors, il ne faut pas les inciter à se muscler pour des défenses qui n’en valent pas la peine.

Il faut libérer tous les prisonniers politiques et militaires pour que les ivoiriens sourient et respirent. C’est ce qu’ils attendent tous pour aller à ce jubilé de la paix et le régime aura tout à gagner en procédant à cette libération.

Aucun leader politique ivoirien ne peut jurer avoir la conscience tranquille dans tous ces dégâts humains, matériels que la Côte d’Ivoire a vécus. Alors, inutile de faire la morale aux autres. S’ils ne sont pas fatigués, les ivoiriens le sont; alors, qu’ils les mettent à l’abri que de vouloir les exposer à d’autres dangers.

                                                    Joël ETTIEN

               Directeur de publication : businessactuality.com

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