Côte d’Ivoire: pourquoi Ouattara veut-il réunir députés et sénateurs à Yamoussoukro?

Les députés et les sénateurs seront réunis à Yamoussoukro cet après-midi pour le discours annuel du président Ouattara. Mais pourquoi Yamoussoukro?

Pourquoi le président décide de réunir députés et sénateurs à Yamoussoukro?

« C’est prévu par la Constitution. Le président réunit une fois par an les deux chambres pour un discours sur l’état de la Nation », a précisé un porte-parole de la présidence.

Le président Ouattara avait annoncé en janvier qu’il procéderait en « mars-avril » à une révision constitutionnelle dont on ne connaît pas encore le contenu. Ce discours pourrait être l’occasion de dévoiler les changements qu’il compte apporter.

Le Congrès ivoirien doit valider toute modification de la Constitution à une majorité des deux tiers. Si cette majorité n’est pas atteinte, il faut passer par un référendum. La coalition d’Alassane Ouattara dispose d’une majorité écrasante à l’Assemblée nationale et au Sénat.

L’opposition a déjà critiqué toute révision. Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ancien président Henri Konan Bédié a évoqué un « tripatouillage », et l’ancien Premier ministre Guillaume Soro, candidat à la présidentielle d’octobre et actuellement en exil, l’a jugé « inacceptable ».

La révision de la constitution sera t-elle effective?

En janvier 2020, le président avait refusé de préciser les modifications envisagées. Il a juste rappelé des déclarations déjà faites auparavant. « Je vous rassure à nouveau: il n’y aura pas d’exclusion de qui que ce soit. Même si vous êtes centenaire vous pourrez être candidat », avait-il ironisé.

Alassane Ouattara, réélu en 2015, laisse planer lui aussi le doute sur une possible candidature à un troisième mandat.

La Constitution ivoirienne n’autorise que deux mandats, mais Alassane Ouattara estime avoir le droit de se représenter en raison du changement de Constitution en 2016, ce que conteste l’opposition.

Le climat politique est tendu en Côte d’Ivoire. Rappelons que la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3.000 morts. Les élections municipales et régionales de 2018 ont connu des violences et des fraudes.

King 3A.N

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