Amérique du Sud: L’État d’urgence en Équateur après des émeutes en prison

Les mutineries ayant eu lieu mercredi ont fait au moins 27 morts, ont indiqué les autorités vendredi. L’état d’urgence a été déclarée par le président.

Les mutineries qui ont eu lieu dans deux prisons mercredi ont fait 27 morts, selon le dernier bilan des autorités équatoriennes. Après ces émeutes, « 19 personnes privées de liberté seraient mortes, dont une par pendaison » dans la prison de Cotopaxi (centre), a indiqué sur Twitter le service pénitentiaire (SNAI). Huit personnes sont également mortes dans le pénitencier de Guayas, au sud-ouest de l’Équateur.

Les mutineries ont en outre fait 57 blessés, dont huit policiers, et une policière a été agressée sexuellement. Selon le gouverneur de Cotopaxi, Oswaldo Coronel, mercredi, les émeutiers « ont utilisé des armes à feu de gros calibre, ainsi que des explosifs qui ont causé d’importants dégâts à l’intérieur du centre pénitentiaire ».

État d’urgence déclaré

La violence des mutineries qui ont touché ces deux prisons équatoriennes mercredi a poussé le président Guillermo Lasso a déclaré l’état d’urgence. « Nous allons entamer un processus de restructuration total du système carcéral », a également déclaré le chef de l’État, qui a remplacé le directeur de l’administration pénitentiaire par un militaire.

Il a annoncé que l’armée serait désormais chargée de contrôler l’accès aux prisons, tandis que la police gardera l’intérieur. Jusqu’à présent, la sécurité des établissements pénitentiaires était assurée par des gardes pénitentiaires civils. Il a aussi lancé un avertissement aux bandes de trafiquants de drogue qui s’affrontent dans les prisons, rapporte notre correspondant à Quito, Éric Samson : son gouvernement « ne sera pas aussi tiède que les précédents… vous serez vaincus ».

Le système carcéral à bout de souffle

De nouveaux massacres donc, mais de vieux problèmes. Voilà comment résumer cette nouvelle flambée de violence dans les prisons de Latacunga et Guayaquil. L’équipement dont disposait les bandes rivales qui se sont affrontées repose la question du contrôle dans les prisons. Car outre les armes, les portables et la drogue infiltrés par les familles lors des visites, il y a aussi de nombreux gardes qui sont achetés, menacés, eux et leur famille, voire assassinés s’ils refusent de fermer les yeux.

La surpopulation dans les prisons n’est également pas nouvelle. Il y a actuellement plus de 39 000 détenus, soit 9 000 de plus que la capacité maximale. Pour soulager la pression, le gouvernement va d’ailleurs permettre la pré-liberté de 5 000 détenus en fin de peine.

D’un côté, il y a plus de détenus mais de l’autre, moins de budget. Il est aujourd’hui de 85 millions d’euros, moins que ce qui était disponible il y a dix ans pour moitié moins de prisonniers. Il n’y a donc pas d’argent pour recruter ou moderniser les systèmes de surveillance.

avec rfi

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