Je me suis faite belle pour lui et il ne me regarde pas.

Assis dans une salle d’attente d’un grand service, nous sommes nombreux et chacun a entre ses mains, son téléphone portable, sans se soucier de son voisin. Le responsable du service, reçoit ses visiteurs, un à un et une à une selon, le sexe.

Le temps, lui, n’attend pas et le vent frais de la climatisation fait endormir ceux qui ne sont pas habitués.
Une dame, une jeune dame, bien mise, décroche son téléphone et oublie notre présence, se déchaîne à répondre à son interlocuteur.

  • Tu m’appelles pourquoi? Tu m’appelles pourquoi?

La main tremblante, la voix nerveuse, elle continue sans tenir compte de notre présence. Il ne reste que seulement trois personnes à attendre, elle, une autre dame et moi. Nous deux, on se regarde. Elle poursuit sa conversation.

  • Je me suis faite belle pour toi et tu ne m’as pas même pas regardée et tu crois que je suis contente? Je ne viens plus chez-toi.

Du coup, celui pour qui nous sommes là fait entrer ma voisine et nous nous retrouvons tous les deux, mais elle continue de m’ignorer et moi, je continue de l’épier puisque sa conversation m’intéresse.

  • Je te dis de m’oublier. Tu es comment Giles? Tu ne fais jamais attention à rien ou tu fais exprès? Moi, je me fais belle pour toi et tout ce que tu trouves à faire, tu me reçois, ta tête dans tes documents et à peine que tu me regardes quand je te parle. C’est fini, je te dis bien que c’est fini entre nous et d’ailleurs, je ne vais plus te décrocher. Je vais te bloquer. Ingrat.

Elle est vraiment bien habillée, mais je ne sais pas, si c’est avec la même tenue, mais en tout cas, elle est bien mise. Une petite veste rouge sur un petit corsage rose, une jupe noire fendue jusqu’à la cuisse, une chaussure relevée de couleur ivoire. Elle dégage, une odeur de parfum rare, mais en tout cas, elle est une belle femme. Je ne peux pas lui poser des questions, mais après sa conversation, elle range son téléphone dans son sac à main de couleur rouge.
Son teint est bien ciré qui dégage ses jolis mollets d’une femme sans doute de l’ouest de la Côte d’Ivoire, les femmes bété, dans une élégance qui fend le regard. Elle s’est bien mise pour faire plaisir à son charmant amant sans doute et ce dernier, ne l’a pas regardée et cela va gâcher leur amitié.

Je la regarde, envieux, mais compatissant à sa cause. Le visage embaumé d’un  léger maquillage, sa perruque lui tombe sur l’épaule. Elle est vraiment charmante et belle.

Pour un regard qui n’a pas été à la hauteur de l’espoir de la dame, elle s’est mise en colère et cela va mettre fin à une amitié. Elle sort, dans son sac à main, un petit miroir et commence à se pomponner le visage, avec ses grosses boucles d’oreilles. Elle continue de rougir ses lèvres et nous sommes tous les deux assis, attendant notre tour de réception, mais ma présence ne la dissuade guère.

Les pieds entrecroisés, ses jolis mollets, laissent entrevoir, un léger espace de son petit secret de femme, à la recherhce de regard.
La secrétaire ouvre la porte et l’invite à la suivre. Dans la précipitation, elle se lève et part en oubliant son écharpe, dans le fauteuil. Je me lève et prends ce foulard, pour le mettre à côté de moi. Je suis maintenant seul et elle s’est levée, en me laissant l’odeur de son parfum. 

Quelque temps après, elle revient dans la salle d’attente et je lui tends son foulard et elle m’offre un petit sourire en me disant, un petit merci.

On n’a pas eu à converser, on se connait pas. La personne qui a été au bout de son téléphone, n’a pas non plus arrangé les choses. C’est après que je me dis, est-ce que je n’ai pas manqué à ces détails, un jour?
Depuis cette leçon, je commence à la maison à apprécier mon épouse et toutes les femmes que je connais, je les complimente. Les compliments, ça paye.

                                                            BROU Marc

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