Côte d’Ivoire: Pour qu’une société civile fonctionne, il faut une démocratie forte.

Pourquoi la notion de société civile a du mal à fonctionner en Côte d’Ivoire ? Depuis la nuit des temps en Côte d’Ivoire, on n’a pas voulu faire la différence entre le syndicalisme, la politique et la société civile et du coup, tout se mélange et tout devient confus. Ainsi, pour une société civile soit forte, il faut que la démocratie soit effective et forte aussi, mais ce n’est pas le cas, dans nos pays fragiles africains.

La brutalité avec laquelle la France fait fonctionner la politique dans son pré-carré, n’a pas pu frayer un chemin d’identification entre ces trois fondamentaux qui régentent la vie d’une nation ou d’une république. Ainsi, la politique étant inféodée au leader de la région, nous sommes à ce stade de l’ethnicisation de la politique. Des militants des partis politiques ne bougeront pas tant que leur leader politique ne leur lance pas des appels à sortir pour accompagner la société civile.

Du coup, on voit les efforts qui tombent toujours comme une tempête dans un ver d’eau, quand des femmes comme Pulchérie Gbalet se cassent les méninges pour lancer des mots d’ordre qui ne seront jamais suivis, parce que justement, les ivoiriens ne sont pas habitués à ces genres d’exercice où, ils savent très bien que la limite de la politique peut continuer avec la société civile. 

La démocratie n’est pas encore effective et comme elle n’est pas ancrée dans les moeurs comme ce qui se passe dans les pays européens, ceux qui prendront le risque de vouloir actionner la société civile, ils le feront à leur corps défendant et même en cas d’arrestation, le peuple ne comprend pas, pourquoi, il fait ci ou ça pour se retrouver en prison. Pulchérie Gballet en a fait les frais.

Il faut donc se rapprocher des partis politiques pour que ses leaders participent aux jeux. Là encore, il y a un cas, ils se diront qu’à partir de quoi, ils le feront, pour justifier leur échec ?

Quiconque veut créer une société civile forte, doit se tourner vers Gbagbo pour que les béthés sortent, ou Bédié pour faire bouger les baloué ou Ouattara pour les ressortissants du nord. Mais à ce rythme, une seule hirondelle ne pourra jamais faire ce printemps.

Comme le dit souvent Liadé Gnazegbo:” la discrétion n’est pas l’efficacité”. Madame Pulchérie Gbalet qui semble comprendre le sens de son combat, en s’alliant au ministre de la réconciliation et de la cohésion nationale, pour l’heure, elle ferait mieux de sensibiliser la population sur la vie chère, mais demander, une journée dite: « ville morte« , elle sera toujours isolée. Ensuite, elle prend trop de risques personnels, parce que justement, la faiblesse de la démocratie, qui bloque le fonctionnement même des partis politiques, des syndicats et maintenant la société civile, elle ne pourra rien tirer de son expérience.

C’est vrai que cela fait mal de voir, tout un peuple comme les ivoiriens souffrir de faim sur une terre arabe, mais la formule utilisée pour les attirer vers la révolution, ne marchera pas. 

La violence qui a secoué les ivoiriens, si les grands métronomes comme les Gbagbo Laurent, Henri Konan Bédié, marchent à pas de tortue, ils savent que le président Ouattara n’est pas la contradiction principale et que leur adversaire à abattre c’est la France, mais personne n’ose le dire et voilà, l’état dans lequel se trouve la Côte d’Ivoire. Tout le monde connaît la contradiction principale, qui est la France, mais n’ose la pointer du doigt.

Si les syndicats sont au point mort, ce n’est pas une société civile qui pourra relever ce constat d’éveil, encore que les ivoiriens ne sont pas formés politiquement.                                                       

Joël ETTIEN
                          Directeur de publication: businessactuality.com

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