Côte d’Ivoire: La méfiance grandit.

Faut-il avoir peur de la Côte d’Ivoire ou se méfier des ivoiriens ? Longtemps dans l’hésitation pour produire cet article parce que ces deux questions refont très souvent surface dans les causeries entre les ivoiriens, nous avons décidé d’en faire une analyse, sans aucun parti pris, juste pour relater et faire remonter le retour des entretiens entre les ivoiriens. La méfiance grandit et le doute s’installe.

Trop de méfiance en Côte d’Ivoire

Ce qui était supposé être des rumeurs, devient comme des paroles prophétiques et les murmures sont devenus presque la vérité. Les ivoiriens se craignent entre eux. La vie en Côte d’Ivoire est devenue presque, une magie pour ceux qui dorment et réveillent, c’est comme s’ils venaient de renaitre. La méfiance s’est invitée de force dans le quotidien des ivoiriens et chacun se promène avec sa propre bouteille dans son sac ou à la main.

Les invitations entre amis se font rares parce qu’on ne sait pas ce qu’il adviendrait après la réception et la méfiance grandit. En plus est venu le virus qui demande aux uns et aux autres de la distanciation et le port de masque obligatoire que beaucoup ne respectent pas. Pour ceux qui respectent les consignes barrières, le visage est fermé par le masque. Les femmes se plaignent aussi, parce qu’aucun garçon ne les drague.

Les morts en cascade, jusqu’au sommet de l’état, dans des conditions lugubres qui enflent encore et encore les causeries de salon et dans les rues, ne sont pas démenties et sur les réseaux sociaux, certains cyber activistes se sont spécialisés dans des rumeurs, les plus affolantes et les ivoiriens considèrent ce qui se dit sur la toile, qui est parole d’évangile. Le dernier en date dont les conditions de son décès défraient la chronique, Hamed Bakayoko, est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

La montée des rumeurs en Côte d’Ivoire

La communication au sommet de l’état sur ces sujets sensibles amplifie davantage la crainte et la peur. Le regard des ivoiriens sur leur chaine de télévision nationale, n’est plus le même et la RTI n’est plus le chouchou de ses consommateurs.

Les ivoiriens se méfient entre eux et la vie n’est plus agréable à cause de toutes ces suspicions généralisées non démenties. Comment faire pour y remédier ? Il faut qu’au sommet de l’état, on change le mode de communication pour rapprocher la masse populaire à ce sommet de l’état. Comme si le poisson pourrissait par la tête, les ivoiriens se promènent avec la peur au ventre.

Ces bons vivants, aujourd’hui, si vous ne vous connaissez pas véritablement, il serait difficile aux autres de s’ouvrir et manger ensemble, on ne sait jamais me dit un chauffeur de taxi. Pourtant, on ne sent plus la présence et les agissements des microbes, les taxis deviennent plus rassurants, alors qu’avant, certains malfrats s’y engouffraient pour commettre des délits, mais pour le poison, la rumeur s’en est accaparé pour en faire une réalité.  

Il faut trouver le juste milieu pour que le pouvoir communique autrement avec le peuple si véritablement, la perpétuité rêve d’une longévité. Comme pour dire accusés, défendez-vous, tout le monde suspecte tout le monde et tout le monde accuse tout le monde. La confiance est devenue une denrée rare et pourtant il ne le faut pas.

Quand dans un pays, les rapports changent de camp et que ce sont des rumeurs qui prennent le pas souvent sur la fausse rumeur non démentie, le peuple se perd et ses habitants paniquent, mais vue l’état de méfiance, le pouvoir doit revoir son mode de communication pour rassurer les ivoiriens de prendre fait et cause pour lui, en cas de cas. Le sommet de l’état est trop haut, au point où on dirait qu’il s’y est installé un mur de méfiance. Comment peut-on accepter de donner cette illusion qu’entre le sommet et le peuple, il y a un grand mur qui les sépare.

Il faut ouvrir le rideau pour laisser aérer la chambre sinon de cette opacité peut surgir de la curiosité populaire car tout ce qui est mystère attire de la curiosité et à ce stade, quand ça s’enclenche, attention ! Il faut éviter d’attirer trop de regards sur soi, quand il y a trop de méfiance dans une société, la vie devient insipide et amère.

                                                           Joël ETTIEN

                   Directeur de publication : buissnessactaulity.com  

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