Côte d’Ivoire: Lettre ouverte de Koné Bintou à son grand frère Soro Guillaume.

Koné Bintou, une journaliste adresse une lettre ouverte à Soro Guillaume.

Bonjour mon frère Soro Guillaume, je sais que de là où tu te trouves, tu boues de rentrer chez-toi en Côte d’Ivoire, mais tu laisses la colère prendre le pas sur cette envie.

Tu n’es pas une victime de ce qui est arrivé à ton pays, puisque tu as écrit un livre pour afficher ta paternité de cette rébellion qui l’a détruit. Les autres ne t’ont pas suivi et tu erres dans le vent et j’en souffre, moi aussi, étant très proche de toi de par mon patronyme, Bintou.

Tu connais le prix des négociations car tu en as dirigé pleins pendant la guerre et tu as été un des tout premiers jeunes à bénéficier de toutes les faveurs qu’aucun ivoirien de ton âge, n’en a obtenu. De par ta position de père de la rébellion, tu as été premier ministre, ministre des grands postes régaliens de ce pays, jusqu’à te retrouver au sommet de l’assemblée nationale. Je te suivais avec admiration et crainte.

Admiration parce que tu faisais feu de tout bois et crainte pour ce que tu vis en ce moment. Tous tes amis qui te connaissent disent de toi, que tu n’es pas un enfant de cœur. Sur ce sujet précis, je n’en peux pas dire plus, parce que je ne t’ai pas connu dans ta jeunesse. Soro, tu sais que tu as failli me fasciner ? Ne fais pas croire que tu es innocent dans toutes les crises que ton pays a traversées, parce que tu t’obstines à demander des lauriers.

Tu sais aussi que dans toutes les négociations, il y a des concessions que chaque partie consent, mais toi, chaque fois qu’un acteur politique sort et qu’il ne dit pas ton  nom, le lendemain, tes lieutenants sortent sur les réseaux sociaux pour l’incendier vertement. Cherches-tu vraiment la paix, la réconciliation pour rentrer dans ton pays ? Tu n’empruntes pas la meilleure formule mon cher grand frère et tu me fais de la peine. Tu te mets tout le monde à dos, mais ce sont les mêmes que tu trouveras à ton retour, mais tu leur donnes l’impression qu’il paieront de ton retour. 

Mon grand frère Soro Guillaume, tu me fais très mal car je sais que le temps d’exil t’épuise moralement, peut-être aussi financièrement, mais tu ne peux pas demander, une chose et son contraire. 

C’est quelle palabre qui ne trouve pas de solution, mais toi, tu es toujours dans l’esprit d’une belligérance qui n’est plus productive. Aucun ivoirien ne te donnerait sa voix si tu continues à semer la peur dans les esprits. On demande à tout le monde de rentrer, mais toi, dans un esprit de vengeance cachée, mais eux tous, te connaissent mon grand frère.
Il faut faire taire tes lieutenants qui insultent tout le monde sur la toile si véritablement, tu rêves de rentrer un jour au pays pour prendre part à l’animation politique. Tu effraies.

La France qui semble être ton allié de poids, va te relâcher un jour, comme elle l’a fait pour bien d’autres. Pourtant tu as fait le séminaire de Katiola où des valeurs sacro-saintes t’ont été enseignées, mais pourquoi tu fais ça grand frère?

Dès qu’on dit ton nom, ce qui suit n’est pas bon car tu te fais suspecter et tu vas rester à l’étranger. Pardon, sois humble et sincère et rentre au pays, comme les prisonniers historiques.  

Je voudrais bien que tu rentres, mais tu as encore dans tes germes, la belligérance, la vengeance, mais ceux qui sont au pouvoir ne sont pas des fous, pour te laisser rentrer et tu vas vouloir les renverser par d’autres rébellions. Grand frère pardon.

Nous souffrons de te savoir loin de nous, mais tu expédies tes loups invectiver ceux qui peuvent te laisser rentrer en éliminant toutes les peines contre toi. Ils ont raison de te condamner si tu ne fais rien pour montrer que tu es atteint par la sagesse, pardon, grand frère, je t’aime trop et tu rugis comme un fauve affamé, derrière la barrière, j’en souffre. Si tu veux rentrer au pays, il y a des voies que tu connais, il faut les emprunter sans haine, ni rancœur, ni vengeance.

Les ivoiriens ne seront pas prêts à te confier le destin de leur vie si tu es dans cette logique. Je t’ai écrit avec amour sincère et ne les envoie pas, m’insulter sur la toile, mon isolement me peine.

Koné Bintou

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