Côte d’Ivoire: Ouattara est-il un dictateur ?

Les différentes rencontres politiques se déroulant en terre ivoirienne, les réactions et les interprétations divergent. Le président Ouattara continue-t-il à être le dictateur ?

Ouattara mérite t-il le titre de dictateur ?

Le 17 juin dernier, le président Ouattara recevait son jeune frère Laurent Gbagbo; on a considéré ce geste comme historique. Les président Bédié et Gbagbo, se sont rencontrés à Daoukro et les bourgeons des fleurs ont coloré le jardin ivoirien. Affi N’guessan, quant à lui, est reçu par le président de la république Alassane Ouattara et hop, les regards se détournent et les commentaires font état d’injures à l’endroit du président du FPI.

Heureusement qu’en Côte d’Ivoire, on ne peut pas faire de la politique si on n’a un minimum d’étoffe et de carapace pour résister à l’usure du temps. Nous avons reproché à Affi N’guessan de trop regarder dans la résidence de Gbagbo pour en faire son programme. Le temps passe et les choses se mettent en place et se durcissent.

Comment une opposition peut-elle s’ostraciser à ce point ? On voit que le président Ouattara s’ouvre sur la réelle politique en recevant ses adversaires. La démocratie, c’est aussi ça, l’ouverture vers les autres.

Une peine d’emprisonnement de 20 ans pèse sur la tête du président Gbagbo, mais le pouvoir laisse faire. Des condamnés dans ce même registre sont rentrés sans que le ciel leur tombe sur la tête. Des exilés sont rentrés au pays et certains, ont repris leur place dans la fonction publique.

Peut-on encore accuser le président Ouattara de dictateur ? Il faut que l’opposition ivoirienne sache où se trouvent ses intérêts pour s’actionner sur des sujets de lutte. Déjà, cette opposition qui se promène dans les rues ivoiriennes sans rien n’observer pendant que la misère tue les ivoiriens, laisse le champ libre au pouvoir.

Ils ont tous été reçus et chacun est allé au palais pour aller communier avec le président Ouattara. Et à travers les images et vidéos, tout s’est tellement bien passé qu’on se pose la question de savoir, de quoi ils accusent le président Ouattara ?

Affi N’guessan, en allant le rencontrer, avait dans sa serviette des doléances à lui formuler, à savoir, la libération des prisonniers, le dégel des avoirs de certains, la reconduction des fonctionnaires ayant subi le courroux de la crise, le retour des exilés, etc. En quoi, il est servi à tuer ses camarades ? Pourquoi on ne mettrait pas dans le même registre de l’histoire cette rencontre ?  

Donc, l’histoire politique de la Côte d’Ivoire ne doit pas s’écrire avec les marques de Affi N’guessan ? Lui qui a été le premier à demander ce rapprochement avec le pouvoir pour dénouer certains nœuds, aujourd’hui, il est cloué au pilori. On ne peut ne pas aimer le lièvre, mais il faut reconnaître ses qualités de bon coureur. Nous ne sommes pas des fanatiques de la politique d’Affi N’guessan, mais il faudrait que certains supporters arrêtent de voir la réalité en face et la détourner.

La rencontre entre Affi et le président Ouattara doit s’inscrire aussi dans l’histoire comme toutes les autres rencontres au palais. Il ne peut pas avoir dans cette logique deux poids deux mesures. Il faut traiter tous les acteurs politiques sur le même pied d’égalité.

                                                   Joël ETTIEN

                   Directeur de publication : businessactuality.com

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