Dossier-Ivoire: Qui est resté fidèle à quels leaders politiques ?

Qui a trahi ? Qui est resté fidèle ? Qui a été pressé, dans l’entourage des leaders politiques ivoiriens car, bientôt le temps du bilan va arriver. Faisons le constat.

Les leaders politiques et leurs formations

En Côte d’Ivoire, comme on le dit, tous les parkings sont partagés et ils ont des propriétaires. Ainsi, dans la politique, il y a aussi, des fils à papa. Nous allons, les projeter dans notre miroir et suivez notre regard.

FPI

Le président Gbagbo a contribué à la formation syndicale de certains jeunes, Soro Guillaume, Blé Goudé et j’en passe. Blé Goudé reconnaît sans faux fuyant que c’est Soro qui l’avait présenté pour la première fois au syndicaliste et opposant, homme de gauche, Laurent Gbagbo. Il ne s’en cache pas. Depuis, cette mise en relation, il n’a jamais tourné le dos à leur formateur de l’université, jusqu’à ce que parvenir au pouvoir, le même Soro se mette dans une rébellion pour le combattre.

Blé Goudé n’a pas digéré et il est remonté au créneau pour la défense des institutions de la république, incarnées par le président Gbagbo Laurent. Soro était le tout puissant jeune qui bombait le torse et défiait son maître. Blé Goudé était revenu faire sa part et il a fait sa part, jusqu’à ce qu’il se retrouve en prison avec lui et aujourd’hui, de ce poids, Blé Goudé n’a plus de cheveux sur sa tête, pleine et riche.

Pendant leur séjour carcéral, les deux ont eu le temps de faire le bilan de leur exercice de pouvoir et le Blé, général de la rue, est passé au stade de la gouvernance, mais il doit encore affronter les murs des compagnons du président Gbagbo Laurent. Au FPI, la place n’est pas encore aux moins de 40 ans, alors que faire ? Il crée son propre parti politique le COJEP, dans l’espérance de se démarquer de la formation politique de son guide s’il veut vraiment, un jour prendre son envol.

Son maître le soutiendra-t-il un jour avec autant de sacrifices ? On attend de voir.

RDR-RHPD

Un matin, un certain Soro Guillaume parle au nom d’une rébellion qui attaque son pays au moment où, son formateur politique, Laurent Gbagbo est au pouvoir. Il a scié sa propre branche, faisant croire qu’il aurait de nouveaux alliés sûrs et certains, dont M. Alassane Ouattara. Il est servi comme un roi dans tous les pays où le cas ivoirien était sur les tables de négociations. Il flambait et haranguait des foules.

Chouchou des grands médias français, il n’avait d’yeux que pour ceux qui, étaient derrière lui. De marches en marches, il se retrouve devant son ancien mentor, Laurent Gbagbo, qui le convint de revenir à la case familiale, mais il va encore le trahir. Soro force la main et M. Ouattara parvient au pouvoir. Soro veut faire croire qu’il est son fils, son dauphin. Le président Ouattara, le coache jusqu’à gravir tous les échelons de la république. Sur ce coup, il ne peut pas dire que M. Ouattara ne l’a pas aidé.

Entretemps, le vrai fils du monsieur est tapi dans l’ombre et qui se bat pour la surveillance, la protection de son vrai maître, M. Hamed Bakayoko. Celui-là qui est resté fidèle, d’une fidélité souvent troublante. En dépit de ce qu’il voyait faire de Soro, il veillait sur son maître, sans rien demander, ni rechigner. Au pas de course, Soro veut forcer la main au président Ouattara dont il croit toujours redevable vis-à-vis de lui. Un conflit éclate et Soro devient un caillou dans les souliers de celui qui a fait contribuer à son rayonnement.

Hamed Bakayoko, se voit par son mentor de paraitre au grand jour, au lieu de faire du subalterne. Il est promu au poste de Premier Ministre, en remplacement du défunt Gon Coulibaly. Tous les projecteurs sont braqués sur lui, dans un conglomérat de cadres qui rêvent d’être là où il est. Il subit, sans mot dire, parce que son mentor est encore en service, il ne faut pas lui faire de l’ombre. Quel bon exemple, Hamed Bakayoko ! Le président Ouattara sait qu’il subit, dans sa propre famille politique, mais il veille sur lui et le forme. On le voit venir doucement et il arrive. Voilà, un exemple d’un fidèle parmi les fidèles.

Presque trahis les leaders politiques

PDCI RDA

Le parti fondé pour régner et qui a perdu son règne. Pendant plusieurs décennies, ce parti politique a fait la pluie et le beau temps, avec ses instances et ses structures. Les cadres sont pléthoriques avec un chef qui n’a pas cette habitude de former pour faire de la passation. Tout pour lui et rien pour les autres, car dans son entendement, il doit mourir au pouvoir, ou du moins à la tête de son parti. Kouadio Konan Bertin, KKB, président des jeunes de ce parti, au firmament de la grande peur, quand les militaires avaient contraint son père Bédié en exil, seul contre tous, il brave toutes les intimidations jusqu’à obtenir son retour sécurisé.

Il replace son mentor à la tête de leur parti, le PDCI RDA. Manque de pots pour KKB, il va se retrouver devant des coriaces qui vont lui faire ombrage et il doit livrer seul un combat contre tous ceux-là, sans l’aide de son père qui, je rappelle n’a pas la culture de la formation, encore moins de la passation du pouvoir. KKB tente vaille que vaille, pour dissuader son père de se lancer dans les batailles politiques qui ne sont plus de son temps, peine perdue, il craque et se démarque du navire.

Il fait son chemin avec quelques amis acquis à sa cause, mais il s’y prend mal. Le peuple le considère comme le Judas, l’accompagnateur et l’opportuniste avéré. Non seulement le PDCI RDA est bloqué et KKB aussi, se perd. On dit de lui, qu’il a trahi, sinon, le temps lui était venu de prendre les reines de son parti. KKB dit qu’il n’est parti, mais il est considéré, comme il est et c’est dommage. L’avenir pourra-t-il s’offrir encore à lui comme les autres, Blé Goudé, Hamed Bakayoko et….. Soro Guillaume ?     

UDPCI (Guéi Robert, Mabri Toikeuse)

Le parti du Général est mort de la mort voulue par le pouvoiriste de Mabri. Pourtant, il lui suffisait de rappeler les Martial Ahipeaud qui connaît le langage de la politique pour attirer les Blé Guiraho, eh bien non, Mabri Toikeusse a tout fait pour tout défaire et aujourd’hui, il a tué l’esprit et l’âme de son bienfaiteur, en écartant tous les jeunes loups qui errent dans la nature.

En conclusion, c’est une locomotive qui tire tous les wagons. Il se trouve que durant le parcours de tous ces leaders politiques, ils n’ont servi que de la haine, de la rancœur et des palabres qui ont divisé plus que de rassembler. Est-ce que les jeunes suivront leurs traces ? Si, un parvient au pouvoir, éloignera-t-il les autres comme l’ont fait leurs leaders politiques ? Ils n’ont pas intérêts à rester des ennemis, encore qu’ils ne le sont pas. Bonne arrivée aux enfants des papas.

                                                                Joël ETTIEN

                           Directeur de publication : businessactuality.com

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