Côte d’Ivoire: Peut-on enrayer les rackets et la corruption?

Peut-on enrayer les rackets et la corruption en Côte d’Ivoire ? Depuis quelques semaines, on assiste à des audits dans les grandes sociétés étatiques et nous observons jusqu’où, ces audits atterriront et quels effets ils feront sur les ivoiriens.

Rackets et corruption en Côte d’Ivoire

La corruption et les rackets ne datent du règne du président Ouattara. Ils sont du fait des dons et legs de la France et ils emportent dans leur gabegie plusieurs milliards de francs CFA. Ce que cette France condamne chez elle, en Côte d’Ivoire, c’est autorisé et c’est devenu une institution. Qu’est-ce que c’est la corruption ? C’est outrepasser les règles normales moyennant finance et vite s’en sortir. C’est le raccourci des impatients et sur ce sujet, il y a longtemps les ivoiriens l’avaient très bien identifiée : « fais-nous, fait. »

Beaucoup de cadres en ont profité pour se bâtir des châteaux et des fortunes diverses.

Tous les directeurs généraux qu’on poursuit aujourd’hui, pour la plupart, sont des cadres pressés de briller pour atteindre des buts politiques pour parvenir au pouvoir. Ils sont souvent commis de renflouer certaines caisses pour leurs supérieurs. On ne peut pas poursuivre les corrompus et laisser les corrupteurs. Toutefois, la prise de conscience est à encourager car il faut attaquer ce mal à sa racine.

Maintenant, revenons aux rackets à tous les niveaux. Les forces de l’ordre sont les premières qu’il faut blâmer. Les responsables de ces forces de l’ordre, donnent l’impression à la population de sanctionner les fauteurs. Ils doivent commencer à attaquer cette douleur que font subir leurs agents sur le terrain. Là aussi, ils ne pourront pas parce que tout est payant en Côte d’Ivoire: aucun service n’est gratuit. Pour rentrer dans la fonction publique, il faut payer. Les élèves qui désirent passer les concours pour entrer dans des corporations, sont obligés de payer leur admission et c’est connu.

La population à force de subir, s’y est habituée et croit que c’est une institution normalisée pour certains cadres, de s’en mettre plein la poche et les plus démunis, de les vénérer. Quand un chauffeur se fait prendre par des policiers ou les gendarmes, il trouve que c’est inscrit dans le livre du code de conduite qu’il doit vider sa recette pour les soudoyer, même si ses pièces sont au complet.

Maintenant que le pouvoir veut s’attaquer à cette pratique vieille de plusieurs années, il faut communiquer, sensibiliser les populations afin qu’elles s’y mettent car ce sont elles les victimes.

Sylvie, une jeune dame qui nous a inspiré cette analyse, est à la recherche d’un responsable au ministère de l’intérieur qui lui aurait pris une forte somme d’argent pour qu’elle puisse être admise au concours d’entrée à l’école de police, 1 200 000frs. C’est un crédit qu’elle avait convaincu ses parents à obtenir pour gagner son concours d’entrée à la police et ça n’a pas marché. Maintenant, pour le remboursement, le monsieur est introuvable.

Si, pour servir son pays il faut s’endetter pour payer des concours, quels résultats l’état peut attendre de ceux-là dont le salaire ne suffira jamais à rembourser les dettes et qui les poussent à racketter ?

Maintenant, le diagnostic est fait. La pathologie est grave mais pas impossible à guérir, il faut y mettre de la bonne foi et du courage. Les députés ivoiriens doivent véritablement se montrer républicains et rigoureux. Il faut qu’ils veillent à l’application des lois qu’ils votent.

Beaucoup d’ivoiriens pensent que cette opération est mise en place pour traquer les insoumis, mais il faut leur expliquer son bienfondé. On ne vient pas dans la fonction publique et les sociétés d’état pour s’enrichir mais pour servir.  

                                                           Joël ETTIEN

                  Directeur de publication : businessactuality.com

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