Yves Biaou, écrivain, journaliste : « La littérature ivoirienne est en pleine transition, avec de nouveaux auteurs »

Yves Biaou, écrivain, journaliste  et critique d’art béninois. Lauréat de plusieurs concours d’écriture au Bénin et à l’étranger, co-auteur de trois œuvres collectives.

En 2014, cet ami du livre a créé l’Ouvroir de la Littérature Africaine (OULIAF), une structure culturelle. A quelques semaines du top départ du Festival international Efrouba du livre qui se déroulera à Grand -Lahou en octobre prochain, l’écrivain s’est ouvert à nous.

Pourquoi le choix des  thèmes abordés  dans vos ouvrages ?

J’utilise ma plume comme une arme pour toucher l’humain qui est en chacun de nous, à travers la mise en situation du vécu quotidien, le plus souvent caractérisé par le drame. J’écris sur des thèmes multiples et divers. La douleur, un sous thème omniprésent dans mes livres, est pour moi une muse.

 

Avez-vous déjà lu des ouvrages d’auteurs ivoiriens ?

Oui, j’ai lu quelques auteurs ivoiriens dont le patriarche Bernard Binlin Dadié. Toutefois, c’est Ahmadou Kourouma et Véronique Tadjo qui m’ont le plus marqué. J’ai récemment découvert des pépites dans la nouvelle génération d’écrivains ivoiriens.

 

Quels commentaires pouvez-vous en faire ?

La langue qu’a utilisée Kourouma est bien singulière parmi les voix de la littérature africaine. Quant à la talentueuse écrivaine Tadjo, elle est mon mentor et sa poésie est proprement une pédagogie de l’Amour ! Je note aussi que la littérature ivoirienne est en pleine transition, avec de nouveaux auteurs comme Etty Macaire, Samuel Dégni, Eméraude Djolo, Séverin Bouatini et j’en passe.

 

Vous êtes un des invités de la 3e édition du Festival international Efrouba du Livre de Grand-Lahou, comment appréhendez-vous ce voyage littéraire en Côte d’Ivoire ?

 La lecture est, certes, un voyage mais concilier le voyage virtuel et le voyage physique devrait être quelque chose de plus savoureux, à mon avis. Retrouver les amis et frères de la Côte d’Ivoire est quelque chose de fascinant, d’excitant ! J’ai hâte de découvrir cet autre univers littéraire et de rentrer dans les confidences de ce pays qui a donné de grands noms à la littérature africaine.

 

Quelle richesse du patrimoine culturelle ou touristique béninois voulez particulièrement faire connaître à nos lecteurs ?

 Je souhaiterais, d’abord et avant tout, faire la promotion des langues de mon pays. Et, ma structure, l’Ouvroir de la Littérature Africaine, travaille inlassablement pour le brassage intralinguistique et extralinguistique en Afrique. Ce festival est aussi une belle occasion de concilier la langue de Molière avec les patois ivoiriens et béninois. J’invite aussi les frères de la Côte d’Ivoire à venir découvrir l’architecture Tata Somba dans le Nord du Bénin, non loin des chutes d’eau de Kota et de Tanougou, une pure merveille !

 

 Quelles sont les activités que vous mènerez une fois en Côte d’Ivoire ?

 Notre programme ne sera pas de tout repos ! Nous allons animer un panel sur la littérature béninoise d’hier à aujourd’hui, le vendredi 6 octobre 2017 à Grand-Lahou. Il y aura également des cafés littéraires, des dédicaces d’ouvrages et une nuit au cours de laquelle nous dirons des contes ivoiriens et béninois autour d’un flambeau de bois. La morale du conte fonctionne comme une boussole pour nous, jeunes africains.

 

 Que peuvent apporter à nos deux pays, le Bénin et la Côte d’Ivoire ?

 Je crois que l’intérêt des échanges culturels comme le Festival international Efrouba du Livre de Grand-Lahou n’est plus à démontrer. La vie meurt où il n’y a plus de culture et pour garder la flamme d’une vie toujours allumée, il faut qu’une culture côtoie une autre. C’est de cette imbrication qu’elle s’enrichit et se révèle à elle-même et au monde entier. Donc, je pense que le fait de donner et de recevoir fait de ces rencontres confraternelles des moments privilégiés d’où naissent des initiatives et projets allant dans le sens du renforcement de la coopération économique, sociale et culturelle entre nos nations.

 

 Avez-vous un message spécial à l’endroit des amoureux du livre qui vous découvriront bientôt ?

Je voudrais les inviter à soutenir par leur participation et leurs dons les organisateurs de ce jeune festival qui fait déjà la fierté de la Côte d’Ivoire. A chaque édition du Festi Efrouba, le Bénin apportera sa contribution pour que, grâce à la culture, jamais ne meurt la vie en nous.

 

Réalisé par

Aimé Dinguy’s N

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