Côte d’Ivoire: Il y a une crise de confiance entre le pouvoir et la population.

Il y a une sérieuse crise entre les ivoiriens et leur pouvoir dirigé par le président Ouattara et suivez notre regard. Samedi 11 décembre 2021, il est 13h et nous nous rendons à la gare d’Aboisso. De Yopougon à Treichville, c’est le plus court chemin sans bouchon. Nous arrivons non loin du siège de la fédération ivoirienne de football et c’est à partir de cet endroit, qu’on peut emprunter des taxis.

Treichville est une grande commune qui sert de carrefour. Ainsi, nous nous dirigeons vers les gares asymétries. Pour nous rendre à la gare d’Aboisso, nous empruntons un taxi bleu qui n’en est pas un, mais un véhicule de fortune pour des débrouillards, comme ils le disent eux-mêmes

De la gare lagunaire à la gare de Bassam où nous devons emprunter le car pour Aboisso, une discussion éclate entre le chauffeur, l’apprenti et une passagère qui semble connaître ce dernier. Les deux seraient des grands intellectuels et détenteurs de gros diplômes et comme ça ne va pas, l’homme a préféré faire du taxi. Ce n’est pas mauvais.

Un autre qui joue le rôle d’apprenti, fait parti de ce groupe d’enfants pauvres. C’est lui qui engage en premier le débat. Il lance un défi à la jeune dame que, s’il réussit à son concours d’entrée au CAFOP, il l’inviterait à visiter son lieu d’affectation. Les portières de la voiture se ferment et le chauffeur démarre son véhicule. A peine le moteur en marche que la jeune dame enflamme la ministre ivoirienne chargée de la modernisation de la fonction publique, Anne Ouléto, qui prétend avoir les ressources nécessaires pour supprimer l’achat ou la vente des concours d’entrée à la fonction publique.

« Qu’est-ce que nous n’avons pas entendu sous le règne du pouvoir du président Gbagbo, à ce propos, et vers la fin, son ministre Désiré Tagro qui, au lieu d’enrayer cette fraude faisait entrer les parents de son village à la police » ouvre la jeune dame. On ne peut jamais venir à bout de ces fraudes en Côte d’Ivoire, renchérit le chauffeur qui, pour réunir de l’argent pour payer son concours de la police, fait le transport de taxi.

Pour être admis à un concours d’entrée à la fonction publique, en Côte d’Ivoire il faut payer et c’est très cher, en fonction des concours. Pour la police, il faut débourser plus de 1 500 000 frs, la douane, plus de 2 OOO OOO frs, c’est ce qu’ils nous laissent retenir. Comment peut-on venir à bout de la fraude de la corruption, si pour servir son pays, il faut payer ?

Alors que, quand madame Anne Ouleto, à sa nomination dit que sous son mandat, celui qu’elle surprendrait à tricher aux examens d’entrée dans la fonction publique, il ferait l’objet de poursuite judiciaire. Voilà l’inquiétude de nos amis d’un après-midi, elle fera comment pour enrayer cette vieille tradition ?

Nous en déduisons qu’il y a une sérieuse méfiance, une belle crise de confiance entre le pouvoir ivoirien et la population.

                                        Joël ETTIEN

            Directeur de publication : businessactuality.com

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