SEGNIGBINDE Camille, écrivain : « Pourquoi j’aime les auteurs ivoiriens »

SEGNIGBINDE Akotègnon Camille est écrivain et journaliste béninois. Président de l’Association Ecrivains Humanistes du Bénin, il a coordonné l’édition de plusieurs recueils collectifs de nouvelles dont la « Mort est dans l’attente » et « les Dieux sont en colère », issus des concours littéraires internationaux « Le livre contre les maux de la cité ». Cet auteur de l’ œuvre romanesque intitulée  » Un si long voyage » fait partie des écrivains d’honneur attendus au festival du livre Efrouba de Grand-Lahou prévu pour octobre prochain.

Quels thèmes abordez-vous dans vos ouvrages et pourquoi ces choix?

Mon combat est celui de contribuer au débat sur les maux qui minent notre société et qui, par ricochet, entravent le développement du continent africain. Ainsi, à Ecrivains Humaniste du Bénin,  nos travaux touchent les thèmes centraux que sont la vie, l’amour, la corruption, la maltraitance des enfants, l’intolérance religieuse et l’immigration clandestine.

 Avez-vous déjà lu des ouvrages d’auteurs ivoiriens? Si oui, quels commentaires pouvez-vous en faire?

Oui, j’ai eu cette chance de lire plusieurs auteurs ivoiriens. Il y a presque trois ans, j’ai renoué avec eux grâce à ma rencontre avec le confère Hilaire KOBENA, l’un des fondateurs du Groupe Efrouba pour la Culture de Côte d’Ivoire. En tout cas, je salue le dynamisme des auteurs ivoiriens en matière d’intégration culturelle. Je dirai des auteurs ivoiriens que j’ai lus ceci : « l’originalité de vos productions, le niveau de langue, les techniques d’écriture et la beauté de vos textes évoluent admirablement. C’est ce qu’on attend des artistes que vous êtes ! ». Je voudrais surtout saluer leur volonté de préparer la relève. Les écrivains ivoiriens, bien regroupés dans l’AECI, savent associer les plus jeunes aux initiatives culturelles !

Comment appréhendez-vous votre participation, en tant qu’invité d’honneur de la 3e édition du Festival international Efrouba du Livre de Grand-Lahou?

Ce voyage est le commencement de tant d’initiatives partagées depuis des années avec les organisateurs du festival Efrouba, notamment en termes d’intégration culturelle. On a perdu beaucoup de temps. C’est pourquoi, nous allons toutes les réactualiser et les mettre en route à partir de la rencontre de Grand-Lahou. J’en suis très heureux et pour la suite, vous, les journalistes, en serez témoins.

Quelle richesse du patrimoine culturelle béninois voulez particulièrement faire connaître à nos lecteurs ?

Vous savez le Bénin regorge tellement de richesses culturelles et touristiques ! Etant du département de l’Ouémé, j’invite les lecteurs à découvrir le masque « Zangbeto ». C’est un masque de ma région qui protège le roi contre les ennemis et les malfaiteurs. Le Zangbeto est mandaté par le roi afin d’assurer la sécurité et l’ordre public pendant la nuit. Il est chargé de démasquer les voleurs, les malfrats et les étrangers susceptibles d’apporter le danger dans la cité des Aînonvis (les habitants de Porto-Novo). C’est si plaisant de le voir en action !

Vous serez en Côte d’Ivoire du 04 au 08 octobre 2017, quelles activités allez-vous mener concrètement ?

Au menu, il est prévu plusieurs activités à Abidjan et Grand-Lahou lors de ce rendez-vous culturel. Je suis très motivé pour prendre part aux conférences littéraires éclatées, aux émissions radiodiffusées ainsi qu’aux cérémonies de dons de livres pour soutenir les bibliothèques scolaires.

Pensez-vous que le livre papier survivra à l’essor du livre numérique dans nos États africains?

Avec l’avènement des TIC, la mort du livre, version papier, est annoncée. A mon avis, le livre papier a encore de beaux jours devant lui. Au Bénin, il y a des ouvrages qui sont vendus même à 500 F CFA. J’attends de voir si le livre numérique peut le concurrencer à ce prix. Au-delà de cette réalité, il se fait que tenir un livre entre les mains pour ledéguster est un véritable plaisir auquel les lecteurs ne veulent pas renoncer. D’ailleurs, la lecture à l’écran peut irriter les yeux. C’est un facteur non négligeable.

La Côte d’Ivoire et le Bénin sont des pays frères qui entretiennent déjà de très bonnes relations sur les plans sociopolitique et économique, selon vous, que peuvent leur apporter de plus des échanges culturels comme le Festival international Efrouba du Livre de Grand-Lahou ?

Le livre fait partie de l’industrie créative qui a son modèle économique mais qui est négligé sous nos tropiques. Ce festival a un fort impact socio-économique et culturel, il pourrait donc permettre à la Côte d’Ivoire et au Bénin de capter les valeurs ajoutées qui peuvent en découler. Nos Etats n’attendent que cela. Ce genre d’initiatives panafricaines méritent d’être soutenues par les pouvoirs publics et les organisations sous régionales.

 Avez-vous un message spécial à l’endroit des amoureux du livre qui vous découvriront?

Je leur confirme notre rendez-vous littéraire. Les auteurs béninois seront dans votre beau pays, le premier week-end du mois d’octobre 2017, pour le Festi Efrouba-3 de Grand-Lahou. Qu’ils viennent nombreux faire la fête du livre et connaître davantage le Bénin à travers ses écrivains, sa littérature et sa culture, de façon globale.

 

Réalisé par Aimé Dinguy’s N, correspondant permanent à Abidjan

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