Tanzanie: L’opposant Freeman Mbowe inculpé pour terrorisme

Le président de Chadema, Freeman Mbowe, et une douzaine d’autres militants du parti tanzanien d’opposition ont été arrêtés alors qu’ils prévoyaient un rassemblement pour demander des réformes constitutionnelles.

Freeman Mbowe poursuivi pour terrorisme

La police a perquisitionné la maison de M. Mbowe, transféré dans la capitale économique Dar es Salaam, et saisi son ordinateur ainsi que d’autres équipements appartenant à sa famille, a indiqué le 22 juillet un porte-parole de Chadema. Tout en précisant sur Twitter avoir reçu « des informations choquantes selon lesquelles Mbowe sera poursuivi pour terrorisme, de même que les autres suspects ».

C’est la première fois que Freeman Mbowe est poursuivi pour terrorisme. Ces charges ont des répercussions graves : elles priveront notamment l’opposant d’une liberté sous caution. Mais ce n’est pas la première fois que les autorités tanzaniennes tentent de l’inculper

En novembre dernier, juste après les élections présidentielles, le leader du Chadema a failli être mis en examen. Raison invoquée : Freeman Mbowe aurait appelé ses partisans à descendre dans la rue pour contester les résultats du scrutin. Cet appel à manifester lui avait valu d’être mis en prison avec une centaine d’autres membres et dirigeants de l’opposition.

Une interpellation parmi d’autres. Cet ancien candidat à la présidentielle a en effet été arrêté plusieurs reprises ces dix dernières années, dont une détention de trois mois entre fin 2018 et début 2019, toujours pour manifestation illégale.

Cette-fois, « c’est pour avoir demandé une nouvelle Constitution que je suis accusé de terrorisme », a-t-il déclaré  jeudi, par le biais de son parti Chadema. La formation politique dénonce l’émergence d’un régime encore plus sombre que le précédent, sous le règne de la nouvelle présidente Samia Suluhu Hassan.

La rupture dans la continuité ?

Ces arrestations d’opposants, dans un contexte d’interdiction des manifestations officiellement pour lutter contre le Covid-19, interviennent quatre mois après la prise de fonction de la nouvelle présidente Samia Suluhu Hassan.

Depuis son investiture, Mme Hassan dit avoir amorcé une rupture avec son prédécesseur, notamment dans la défense de la démocratie et des libertés fondamentales. Conformément à la Constitution tanzanienne, la présidente avait succédé à John Magufuli mort en mars dernier. Le défunt chef de l’Etat était arrivé au pouvoir en 2015 et avait été réélu en octobre 2020.

Dumisani

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