Bangladesh: les commerces de fortune de Rohingyas détruits par les autorités

Les conditions de vie des Rohingyas ne font que se dégrader au Bangladesh. Les autorités ont lancé une vaste opération de démolition de leurs commerces de fortune. Un nouveau coup dur infligé aux quelque 850 000 membres de cette minorité musulmane qui vivent dans des conditions extrêmement précaires dans des camps de réfugiés à Cox’s Bazar après avoir été chassés de la Birmanie voisine.

Les Rohingyas de plus en plus opprimés

Des centaines d’habitants des camps ont regardé, impuissants, les bulldozers faire leur travail. Un millier d’échoppes ont été détruites jeudi 9 et vendredi 10 décembre dans plusieurs camps autour de Cox’s Bazar. Des petits commerces où les réfugiés avaient l’habitude de faire leurs courses au quotidien.

Les propriétaires n’avaient que quelques minutes pour sauver leurs biens. Ils se retrouvent désormais sans rien pour nourrir leurs proches. « C’était mon seul moyen de faire vivre ma famille de sept personnes », a déclaré l’un des commerçants, al-Amin, à l’Agence France Presse. Un autre, Abdur Rashid, à du mal à y croire : avec sa femme enceinte et ses parents à charge, il dit avoir tout perdu.

Faire partir les Rohingyas à Bashan Char

L’argument des gérants des camps : il fallait faire de la place pour construire de nouveaux abris. Les magasins détruits étaient, selon eux, des commerces illégaux. Mais certains avancent une autre explication : avec ces méthodes brutales, les autorités tenteraient de convaincre davantage de Rohingyas de quitter les 34 camps de misère dans lesquels ils vivent. Le but serait de les reloger à Bhashan Char, un nouveau camp bâti sur une île déserte loin des côtes qui accueille déjà 19 000 réfugiés.

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