Cameroun: vives tensions dans la ville de Buea après la mort d’une enfant

Les violences ont éclaté après la mort ce jeudi matin 14 octobre d’une fillette de six ans, tuée par une balle tirée par un gendarme alors qu’elle se trouvait avec sa maman sur le chemin de l’école, à Buea, en zone anglophone dans le sud-ouest du Cameroun. Le drame a dégénéré en insurrection.

Tensions à Buea

La situation est assez tendue depuis ce jeudi matin, dans la ville de Buea. Une vraie étincelle dans la poudrière qu’est aujourd’hui cette partie du Cameroun en proie à une grave crise sécuritaire depuis bientôt cinq ans.

Ce matin, peu avant huit heures, une dame qui conduisait sa petite fille à l’école à bord de sa voiture a été interpellée à un contrôle de gendarmerie. La dame, selon plusieurs témoins de la scène, n’aurait pas obtempéré. Après quoi le gendarme a tiré sur la voiture. La balle a mortellement atteint la petite fille, assise sur la banquette arrière.

Un gendarme tué

Il n’en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres. Le gendarme a été à son tour mortellement bastonné et lapidé par la population en furie. Plusieurs centaines de personnes ont ensuite paradé dans les rues de la ville avec la dépouille de la fillette avant de prendre la direction des services du gouverneur de la région.

Le gouverneur et les autres autorités de la ville mettent tout en œuvre pour faire retomber la pression et la colère de la population. Plusieurs coups de feu ont été entendus et les écoles et commerces ont fermé. La ville de Buea, à la suite de cette panique, est déjà plongée dans un état de quasi-ville morte.

Réaction du gouvernement

La réaction du gouvernement était attendue et est arrivée, ce jeudi, en milieu d’après-midi par un communiqué du ministère de la Défense. Le texte dit en substance que le gendarme, auteur de la bavure, avait pris en filature la conductrice après un refus d’obtempérer et une ferme opposition à faire fouiller son véhicule. Le gendarme, ajoute le communiqué, a agi de manière « inappropriée, inadaptée à la circonstance et manifestement disproportionnée ».

Des mots soigneusement choisis pour tenter de dégrossir la poussée de colère, car le pouvoir de Yaoundé se serait bien passé de cet incident dans une région poudrière, secouée par des velléités indépendantistes qui ont dégénéré en guerre avec des horreurs et des drames à la pelle.

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