Côte d’Ivoire: Quand les agni, développent les radios de proximité.

La prolifération des radios de proximité dans la région du Moronou, contribue au maintien de la culture agni et il faut encourager, les initiateurs.

Les radios de proximité adoubées des agni

Parti depuis plusieurs années de mon Moronou natal, à cette époque, les moyens de communication n’étaient aussi développés, il n’y avait pour seul moyen de communication, la radio nationale qui ne diffusait que des nouvelles tristes, en annonçant les avis et communiqués et quelques rares fois, les émissions en langues vernaculaires et les agni passaient rarement.

En bonne et riche intelligence, la jeunesses agni a compris que rien ne sert de courir mais il faut partir à point. A l’aide des réseaux sociaux, et surtout, sans aucun esprit d’animosité, dans une compétition loyale et solidaire, elle crée des moyens de communication pour valoriser la culture agni. Le Moronou devenant large et peuplé, comment faire pour véhiculer les informations si, elles doivent passer d’abord par Abidjan, avant d’atterrir sur les ondes des radios détenues par nos parents ?

Ainsi, de Kotobi, en passant par Arrah, Bongouanou et bientôt à Abongoua, les moyens de communication se multiplient et c’est à encourager. Certains créent des pages sur ces mêmes réseaux sociaux spécifiques à leur village pour rapprocher ceux qui sont partis comme nous autres, très tôt pour nous permettre de suivre et de vivre en temps réel, ce qui se passe dans nos villages, surtout, je voudrais féliciter les jeunes d’Abongoua, Erobo, N’zanfouénou, qui s’entraident à nous partager les grands moments d’émotion et de joie, se déroulant en terre bénite.

Quand sur ces ondes de radio de proximité, il y a des émissions typiquement en agni, sans y mettre un seul mot de français, je crois que l’essence de la valeur et de la promotion se tient entre leur savoir et leurs différents efforts.

Je me souviens quant à l’école primaire pour avoir parlé sa propre dans la cour de création, on vous mettait des symboles puants pendant qu’on ne maitrisait aucun mot de français, voilà que le naturel est revenu au galop, félicitations à tous ces initiateurs qui permettent à la langue agni de ne point se perdre et de se maintenir avec fierté pour celui ou celle qui sait la manier avec dextérité. Pour celui ou celle qui maitrise bien sa langue, c’est quand elle est enrichie de métaphores, de proverbes qui relève le volume.

La langue agni, est l’une des plus belles en Afrique, pour celui qui la comprend et pour celui qui la maitrise, quand il la véhicule avec ses images métaphoriques et proverbiales. La justice des blancs, lutte jusque-là, à arracher celle de la tradition agni qui règle ses propres problèmes sans aucun parti pris et le peuple agni vit depuis des lustres avec cette riche valeur, maintenant soutenue par les nouveaux moyens de communication, mis à disposition.

Qui peut nous traduire : « on ne tire pas le cou pour regarder ce qui arrive devant soi ? »

Quand le porc veut jouer dans la boue, laisse-le, c’est quand, il aura reçu dans son œil qu’il pourra s’en rendre compte, voilà quelques métaphores, mais hélas, la longueur de mon aventure, m’a enlevé le maintien de certains symboles au point où, je n’arrive plus à formuler une phrase agni sans y mettre un seul mot de français, mais si j’arrive, ces radios, me permettront de me recycler. Félicitations, aux initiateurs et qu’ils soient soutenus par les élus locaux.

                                                      Joël ETTIEN

       Directeur de publication : businessactuality.com  

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