Décès de Justin Stanislas: Les confidences de son épouse.

Jamais madame Justin Stanislas ne s’est livrée comme elle nous a témoigné de certains faits de son mari, de son foyer et surtout de leur rencontre. Samedi 30 juillet. Il est 13h. Nous sommes dans la commune de Champigny sur Marne, devant l’immeuble qui abrite la famille du crooner ivoirien, l’artiste Justin Stanislas, on attend l’ascenseur. Au 15ème étage, on appuie sur la sonnerie. Une jeune dame vient nous ouvrir et nous avons la chance, il n’y a que l’ancienne femme de John Jongoss et la petite sœur de la marraine de Clignancourt, madame Yvonne Koffi, alias Wassia, le petit nom que son mari lui a donnée, qu’on trouve.

Nous les saluons et posons un petit baiser en guise de salutation à la veuve et elle nous installe juste à ses côtés. Dans le salon, il y a des kakemonos à l’effigie de l’immortel Justin Stanislas, l’homme au regard d‘enfant, comme s’il était sorti.

Dans nos échanges, elle se lâche et nous livre des confidences dont on a pas souvenance qu’elle les aurait dites à des journalistes. Voici, ce témoignage:
“J’étais toute jeune et je voulais faire de la musique. J’étais quasiment la petite de Roger Fulgence Kassy, RFK qui lançait les artistes à travers des émissions et je voulais chanter, mais j’étais timide et c’est comme ça, que survint Justin Stanislas, nous étions en 1981. La télévision ivoirienne battait le plein et il y avait du beau monde surtout, les artistes ? c’est comme ça, que nous nous sommes connus et plus tard, les circonstances nous ont séparés, parce que lui, il faisait la navette entre Paris et Abidjan.

A Paris, le destin va nous réunir et c’est là que tout est parti. Mais ce qui me plaisait en mon mari, il était tout pour moi, le père, le frère, le confident, l’ange gardien et nous avons eu deux charmants garçons. 

Aux derniers instants de mon mari, j’ai fait venir tous ses enfants autour de lui et c’était beau et il me disait, Wassia, s’il te plait, prends tous ces enfants comme les tiens. Nous avons chanté. C’était à la fête des pères. Mon mari a 12 enfants et c’est seulement deux qui n’ont pas pu effectuer le déplacement, parce qu’elles sont aux USA et l’autre au Brésil. A l’hôpital de Créteil, nous sommes allés l’entourer et ce qui m’a fait plaisir, c’est la visite de l’ambassadeur, le ministre Bandama Maurice qui est venu dire aux docteurs, ceci:” Ce monsieur qui est couché sur ce lit, c’est notre Johnny Halliday, alors c’est mon pays qui m’envoie le voir, donc prenez grand soin de lui”. Il ne fallait pas voir comment les médecins se bousculaient, mais c’était déjà trop tard. Il était fatigué, mais il a réussi à embrasser son jeune frère, l’ambassadeur.

Le jour de son décès, il avait sa tête sur mon bras et je lui faisais des câlins et il me regardait avec ses yeux fatigués et dès que je me suis levée pour aller m’oxygéner, à mon retour, je reprends sa tête, il n’était plus en vie. Mais j’avoue qu’il est mort dans l’amour de tous ses enfants et il est bien parti.”

 Voilà, les quelques propos qui ont fuité de notre visite et dire que, ce vendredi 5 août, dans sa salle fétiche de l’espace de Noisy le sec, toute la diaspora ivoirienne, lui rendra cet ultime hommage et après, le corps prendra le dernier vol pour Abidjan. L’homme n’est rien et comme le dit la veuve:” aimons-nous vivants”. Quand nous quittions l’appartement, sur le grand écran, ses clips passaient en boucle et le monde affluait. Il n’a pas vécu inutile, le grand Justin Stanislas et sa volonté de le voir inhumer à Abidjan, sera scrupuleusement respectée, nous confirme sa femme.

Qu’il parte dans la paix et que les ivoiriens, avec à leur tête le gouvernement viennent lui rendre les hommages, les plus grandioses car il le mérite.

                                        Joël ETTIEN

                         Envoyé spécial à Champigny sur Marne

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