Analyse: L’Afrique et la démocratie font-elles bon ménage ?

Il y a de cela plusieurs décennies que les pays africains ont accepté et intégré la démocratie à leur système de fonctionnement afin de mieux s’adapter aux exigences de la mondialisation. Plusieurs décennies, plusieurs modifications et adaptations mais le constat reste cependant le même, l’Afrique est-elle compatible à la démocratie occidentale ?

L’Afrique et la démocratie

La démocratie par définition est traduite comme le pouvoir du peuple pour le peuple et par le peuple, en d’autres mots, le dernier mot revient au peuple; c’est lui qui décide de qui et comment doit être conduit son destin. Le constat dans plusieurs pays africains est ceci: le peuple n’a plus de mots à dire et, le souverain (le peuple) est devenu l’opprimé et le délaissé. Presque partout en Afrique et surtout en Afrique noire, la démocratie n’a pas la même définition que partout dans le monde, pour si peu, le peuple est maltraité, traqué et contraint à l’exil et ce, à chaque élection.

La démocratie exige qu’à un certain moment de son règne, on cède la place à un autre successeur afin de poursuivre son œuvre et/ou d’en créer de nouvelles, mais sur le continent africain, c’est tout le contraire. Le maître ne veut pas céder la place et est prêt à faire massacrer le peuple qu’il prétend aimer et gouverner pour se maintenir au pouvoir. Du tripatouillage des urnes aux arrestations arbitraires en passant par la création de milices, la démocratie en Afrique ressemble plus à une guérilla monarque.

L’Afrique ou du moins ses fils, ne sont pas préparés à cette forme de vie copiée sur l’occident. Ils ne connaissent pas les rouages et les exigences de la démocratie. Pendant que dans les pays occidentaux la période électorale semble être comme un jour ordinaire, en Afrique, les périodes électorales sont sources de crainte, de peur et d’angoisse. A ces périodes, on ne pense pas trop à celui qui va remporter le championnat mais plutôt à combien de morts il y aura et combien de réfugiés politiques. La démocratie africaine fait plus peur que l’enfer. Pourquoi copier et si c’est pour mal exercer ? On se demande parfois s’il n’était pas mieux que le continent africain demeure dans sa logique ancienne de « royaume ». Quand les pays africains n’étaient que des royaumes, on entendait pas parler de massacre perpétré ou de mandat d’arrêt international ou encore de confiscation de liberté d’expression.

L’Afrique n’a pas encore réussi à s’adapter à la démocratie et met à mal ses fils et filles. Il lui faut une nouvelle génération pensante, capable d’offrir un nouveau souffle et un nouveau soleil afin d’apaiser les mentalités. Ce n’est pas qu’il est impossible mais il faut de la volonté et ça, il existe des jeunes générations disposées pour. Donnons une occasion à l’Afrique de sortir de ce cliché de désespoir, de continent de la mort. La démocratie si elle a marché et continue de marcher chez les autres, elle peut bien marcher en Afrique. Il faut tout simplement redonner la place du peuple au peuple et le servir que de se servir soi-même. L’intérêt général doit primer sur l’intérêt personnel.

L’ancien président des Etats-Unis Barack Obama, lors de son discours au Ghana avait affirmé: l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais des institutions fortes. Il est temps désormais que les africains songent à sortir de la précarité et du lieu obscur dans lequel ils se trouvent.

King 3A.N

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