Côte d’Ivoire: lettre ouverte à Adama Bictogo, Anne Ouloto et Mamadou Touré

Adresse à Bictogo, Ouloto et Touré Mamadou

Madame, messieurs, Faisons fi des considérations protocolaires, de vos grades, rangs et qualités et parlons nous en frères et sœurs ivoiriens. Parlons-nous en responsables politiques.

 J’aurais pu adresser cette lettre ouverte à M. Alassane Ouattara ou à M. Hamed Bakayoko. Je ne le fais pas car je ne les connais pas. Je ne les ai jamais rencontrés, pas une seule fois. Permettez donc que je m’adresse à vous ici afin que nul n’en ignore et n’en prétexte ignorance. Je sais par ailleurs que ce canal est le plus approprié pour vous atteindre immédiatement, étant donné que vous êtes des lecteurs assidus de ma page. Vous me l’avez dit. J’en suis même honoré.

 M. Bictogo

Nous nous sommes déjà rencontrés à au moins deux reprises. La dernière fois c’était sur les plateaux de RFI. Avant et après le débat, monsieur Bictogo, nous avons chaleureusement débattu et parlé de notre pays, la Côte d’Ivoire. Souvenez-vous que vous m’aviez dit mieux connaître le FPI que moi. Rappelez-vous monsieur Bictogo du sujet sur l’incompétence de certaines personnes qui nous dirigent et qui occupent de hauts postes au sommet de l’Etat. Nous étions, contre toute attente, en phase sur ce sujet. Motus cousus…

Anne Ouloto

Toi tu es une jeune sœur. Une ex collaboratrice qui n’hésite pas humblement, partout où tu te trouves, à me présenter à tes visiteurs comme ton ancien patron. Merci pour ton humilité. Nous nous parlons régulièrement et je peux même dire que les portes de ton bureau et de ta maison me sont grandement ouvertes, matin comme (très) tard dans la nuit. Toi, je t’écris ici car tu me fais désormais des « vu », sans suite sur WhatsApp. Ce n’est pas bien grave. Je sais qu’on renouera bientôt le contact.

Touré Mamadou

Nous nous sommes rencontrés dans les studios de RFI, au cours d’un jouissif débat contradictoire que nous n’avons pas hésité à poursuivre sur le parking de l’hôtel où était situé le plateau de la radio mondiale. Suite à mon interpellation, vous avez souhaité avoir mon numéro de téléphone en vue de me situer sur le lieu de détention de l’honorable Nzi, députée de Bocanda, dont on dit qu’elle a été enlevée et qui, depuis lors, est portée disparue. J’attends en vain cet appel ; la députée n’étant toujours pas, à ma connaissance, réapparue.

Excusez mon outrecuidance. Je voudrais vous demander d’intercéder auprès de ceux qui tiennent en otage la famille du président Affi afin qu’ils les libèrent. En le faisant, vous ferez doublement œuvre utile et preuve d’humanisme. Toute chose qui pourrait contribuer à prouver que dans ce pays le brin d’humanité que tous sommes censés avoir ne s’est pas complètement évaporé dans la haine ambiante et grandissante.

Tous, vous avez une famille et des enfants. Vous pouvez aisément donc imaginer l’angoisse que vivent l’épouse et les enfants du président Affi qui est lui-même détenu au secret. Pourquoi leur infliger pareil supplice alors qu’ils ne sont personnellement mêlés à rien de répréhensible. Il nous arrive de nous chamailler pour défendre nos positions politiques respectives. C’est de bonne guerre et c’est même cela le jeu normal de la dynamique politique.

Toutefois, l’once d’humanité qui nous caractérise, nous, espèce humaine, devrait vous enjoindre à œuvrer à la libération de ces otages, victimes innocentes et expiatoires. Vous en sortirez grandis. Vous le savez, en droit pénal, la peine n’est jamais collective ; elle est personnelle et individuelle. En conséquence, personne ne devrait payer pour des actes reprochés à autrui. J’espère que cette supplique touchera le tréfonds de votre âme, vous qui êtes des croyants, visiteurs assidus des lieux de cultes et adeptes des pèlerinages religieux. Paix sur la Côte d’Ivoire.

 Jean Bonin Kouadio

Juriste et citoyen ivoirien Amoureux des Droits de l’Homme et des Peuples.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.