Côte d’Ivoire: L’artiste Yabongo Lova réhabilite Ernesto Djédjé en lui offrant une nouvelle sépulture.

L’artiste zouglou Yabongo Lova, vient de poser un acte pour lequel le ministère de la culture devrait le décorer. Il vient de restaurer la tombe du célèbre artiste Ernesto Djédjé, le Gnoantré national. Djédjé vient d’être réhabilité par un jeune qui ne l’a même pas connu.

Yabongo Lova rend un autre hommage à Ernesto Djédjé

Avait-t-il quel âge quand Djédjé mourrait ? Et qu’est-ce qu’il sait de son patriarche pour qu’il aille lui offrir dans ce village lointain de Tahiraguhué (Daloa) une telle sépulture qui dépasse tout entendement ? En dehors de la statue de Djédjé à l’entrée de l’institut national des arts à Cocody, il aurait fallu que le jeune Yabongo Lova constate que son grand-père n’était pas bien logé et qu’il lui offre cette sépulture qui restaure la mémoire de cet immortel de Djédjé.

Comme en Côte d’Ivoire des sommités n’ont aucun égard par les autorités politiques, sportives et culturelles, pour donner des noms de ces illustres disparus, l’acte de Yabongo Lova qui soulage Ernesto Djédjé, est un grand symbole qui rentre dans l’histoire.

Pourquoi ne pas donner le nom de cet artiste à une rue à Daloa, sa région natale ? Oh rage, oh désespoir ! Qu’ont-ils fait pour mériter un tel sort, ces braves ivoiriens qui se sont battus pour leur pays et qui se meurent tout le temps ? Des ivoiriens comme Jean-Marie Addiafi, Bernard Blin Dadié, Laurent Pokou, Amédée Pierre, Allah Thérèse, Yacé Philipe, qui d’autres ? Tous dorment dans l’anonymat pendant que des européens qui ont participé à décimer les ivoiriens ont leur nom sur des monuments historiques.

Si le nom du président Houphouët Boigny qui a rendu d’immenses services à la France n’existe nulle part dans ce pays, il faut débaptiser tous ces noms diaboliques sur les monuments ivoiriens pour les remplacer par les braves ivoiriens.

Il faut encourager le jeune Yabongo Lova et au demeurant, nous voudrions que le ministère de la culture le décore pour ce geste qui encouragera désormais les mélomanes ivoiriens qui ont connu Ernesto Djédjé.

Donc les Marie Koré, Nana Assouan Kouassi Maurice, Sansan Kouao qui ont donné leur vie, personne ne se souviendra d’eux ? Pauvre Côte d’Ivoire qui a le regard toujours tourné vers l’extérieur, en voulant tellement leur plaire pour laisser sa propre histoire mourir, dans l’abîme de sa triste mort. Bédié, Gbagbo, Guéi, Ouattara, Drogba… disparaîtront un jour et leur nom ne figurera nulle part ? Waoo ! L’ingratitude quand elle a un nom, c’est la Côte d’Ivoire. Tous courent vers l’inconnu pour filer droit dans l’oubli.

Nous comprenons une des raisons qui motive la jeunesse à donner des noms européens, américains à leurs enfants, puisqu’elle ne sait rien de sa propre histoire. Sinon, les braves, les sportifs de renom, les écrivains de valeur, des planteurs, etc, ont existé et leur nom pourrait faire objet d’envie que de tout le temps les immoler davantage sur la cruauté des vivants.

Bravo Yabongo Lova, Ernesto Djédjé est tout souriant et t’inspirera davantage et tu seras toujours primé. Bravo l’artiste, pour l’artiste !

                                                 Joël ETTIEN

           Directeur de publication : businessactuality.com   

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