Côte d’Ivoire: Après les élections législatives, quelles leçons tirées ?

Quelles leçons tirées après les législatives qui se sont déroulées en Côte d’Ivoire et qui continuent de susciter des vagues d’indignation et de joie ?

Après les législatives, quelles conclusions tirées ?

Au cours de cette campagne, on a senti en interne des règlements de compte, le manque de solidarité et la limite de certains partis politiques. A commencer par le parti au pouvoir, qu’il apprenne à promouvoir les cadres autochtones dans les régions et d’éviter de faire de l’importation de nouveaux leaders, le faisant, il froisse et crée des frustrés. Le RHDP a remporté la majorité des députés qui vont siéger désormais à l’assemblée nationale et c’est de bonne guerre, qui peut accepter de s’autoflageller ?

Au PDCI RDA, le plus vieux parti politique africain, s’il ne s’était pas allié à d’autres partis politiques et mouvements de soutien, allait se retrouver à -20 députés sur les 234 au total. A aucun moment, la direction n’a songé à aller au secours de ses cadres persécutés à qui, on arrache leur victoire et le salon retient le président Bédié.

Tout ce dont rêve le RHDP, son adversaire, c’est de lui ravir tous ses bastions historiques, pour le mettre nu comme un ver de terre et ça se voit. A Yamoussoukro, la ville natale du fondateur du PDCI RDA, KKP, le député sortant est aux prises avec le pouvoir qui veut lui arracher sa victoire et le président Bédié regarde ailleurs, comme si c’était son souhait. A quoi rime son silence ?

Dans cette bataille de livrés pour compte, la direction de ce parti est resté isolée et interviendrait que, quand ça sera trop tard. Qui dit que le vieux n’en profite pas pour régler ses comptes à certains de ses cadres, qui lui avaient émis des petits reproches de remise à niveau du parti comme le candidat KKP de Yamoussoukro, qui se bat seul contre une grosse machine.

Le président Bédié se repose pendant ses lieutenants sont dans la broyeuse. A Marcory, Aby Raoul est devenu un naufragé, lui qui semblait avoir remporté sa victoire, le président Bédié, lit sa bible. Et dans bien d‘autres circonscriptions historiques, Port-Bouët, Grand Bassam, certains crient au secours et le président Bédié, récite son rosaire et le temps passe qui donnera raison à l’adversaire.

Après les législatives

Au FPI, les orphelins politiques de ces nouveaux temps, on les voit persécutés, si le président Bédié ne dit rien et fait rien ce n’est pas le prisonnier qui cherche sa sortie et loin de sa base qui ferait quelque chose. Michel Gbagbo, le fils du président Gbagbo dont on avait proclamé vainqueur, à Yopougon au dernier moment, la technologie électorale est passée par là et il est en ballotage.

Une grande réorganisation s’impose à tous les partis politiques ivoiriens qui manquent de vision et qui ont du mal à se tropicaliser aux contingences des temps modernes. Si Maurice Kakou Guikahué, le deuxième homme fort du PDCI RDA, n’avait pas été prudent et vigilant, il recevait un baffle en pleine journée électorale par son adversaire Johnny Patchéko, qui avait tenté de l’intimider à ne pas faire le tour des bureaux de vote et on va nous dire que c’est normal ?

D’autres élections majeures sont en route et si ces partis politiques ne tirent pas rapidement les grandes leçons, ils perdront encore les municipales et tout le système politique ivoirien tomberait dans le monopartisme.

C’est sur les réseaux sociaux que des directeurs de campagne de certains animent des points de presse pour décrier ce que leurs candidats ont vécu, pendant que les responsables de directions prient Dieu pour eux-mêmes afin de ne point voir se vider leurs comptes bancaires, puisque cette situation, les arrangent plus, pendant que le peuple se meurt.

Politique ivoirienne, celui qui dit la comprendre, se serait lourdement trompé.

                                             Joël ETTIEN

           Directeur de publication : businessactuality.com

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