Côte d’Ivoire: Trop de dossiers chauds sur la table du président Ouattara.

Retardement de la délivrance du passeport de Blé Goudé, tempête de Soro, le maintien en prison des prisonniers militaires et politiques, l’arrêt du dialogue direct, en tout cas, ça fait trop pour le président ivoirien Ouattara.

Il est temps que le président Ouattara agisse

On dit souvent que c’est celui qui porte son bagage qui en connaît le poids, mais imaginons celui porté par le président ivoirien en ce moment où tout le monde entier a les yeux rivés sur sa gestion et sur le pays tout entier. Qu’est-ce qui retarde la délivrance du passeport de Charles Blé Goudé ? L’agacement commence à prendre au point où, ceux qui n’étaient pas favorables à son idéologie et au personnage victimisé, commencent à le regarder avec compassion et soutien. Pourquoi Blé Goudé poserait-il problème si celui, pour qui, il s’est sacrifié a recouvré sa liberté et qu’il en jouit pleinement sur le terrain politique ? Entre le président Gbagbo et Blé Goudé, qui peut effrayer ?

C’est parce que le président Gbagbo était au pouvoir que Blé Goudé avait cette force et le prolongement de leur incarcération n’a-t-il pas affaibli leur aura ? Logiquement, Blé Goudé ne devrait pas rester si loin de son mentor, alors qu’est-ce qui n’a pas marché pour que ce divorce qui ne dit pas son nom se produise ?

Ni l’un ni l’autre, personne n’ose se prononcer et le peuple ne sait plus quoi dire. 

Gbagbo en terre ivoirienne et Blé Goudé abandonné à son propre sort, qui l’aurait cru ? Pour le moment, c’est le bénéfice du doute qui plane et il faut que le président ivoirien prenne ses responsabilités pour trancher cette affaire nébuleuse qui risquerait de se retourner contre lui. Parmi tous ces lots d’interrogations, s’ajoute aussi le cas des ivoiriens exilés qui semblent coincés et dont on parle peu. Qu’est-ce qu’on fait ouvertement pour leur donner le courage et la force de rentrer ?

Le cas de Soro Guillaume qui émet partout où il passe ses pipis pour qu’il se souvienne de son retour. Soro parle, il parle et il continue de parler. Toutefois, celui qui doit lui donner sa réponse ne lui dit rien et il ne tient plus sur ses jambes. Il parle tellement qu’il veut se donner raison. Il continue de parler et vers la fin, nous espérons qu’il pourra retrouver sa voix, mais personne sur le terrain ne lui répond et il parle. Il minimise et méprise certains acteurs politiques comme KKB dans ses propos, oubliant que tout se passe sur le terrain.

Sa situation n’est pas du tout confortable en ce moment. Celui qui était porté au sommet et qui désormais en bas, émet des cris de détresse dans le creux de la vague et donne l’impression de se faire peur. Sur ce coup, ses anciens amis l’ont jaugé et ils se sont rendus compte qu’il n’est pour le moment que l’ombre de lui-même. Il n’y a rien à voir circuler, le sens de ce combat de coq. Entre Soro et son ancien papa, c’est comme deux couteaux qui se battent. Il n’y a personne pour intervenir et pourtant il le faut. 

Celui-là même qui pouvait l’aider à atténuer l’ardeur, il le méprise, c’est ça aussi Soro. En quoi il mêle KKB a son combat, en le méprisant à ce point, celui qui a la charge de la réconciliation ? Sinon, Soro continue ses démonstrations de force à travers des conférences vidéo, mais il manque à l’appel de ses militants qui voudraient le voir rentrer au pays.

Maintenant concernant le cas des prisonniers militaires et politiques restés en prison et qui ne suscitent aucune compassion présidentielle, c’est une inquiétude nationale. Madame Simone Gbagbo a plaidé leur cas dans son adresse de fin d’année et tout le monde en parle mais le président Ouattara ne daigne lever le pied sur son accélérateur et il continue de foncer. Il faut qu’ils soient libres, car depuis lors, personne ne sait dans quelles conditions ils sont traités.

Ils sont isolés. Ce sont des pères de famille qui manquent à leur famille respective. Si on veut voir le sang sur les mains dans ces différentes crises, aucun homme politique n’est propre, alors il faut éviter les situations ambiguës qui peuvent provoquer des séismes plus tard.

En plus, l’arrêt du dialogue direct initié par le président ivoirien lui-même, il faut l’actionner et peut-être que ses résolutions régleront tous ces soucis que nous venons d’énumérer.

En résumé, les dossiers chauds s’entassent et, quand ils seront en surnombre, comme ils sont tous chauds, n’exploseront-ils pas un jour ? C’est juste une préoccupation qui mérite notre interrogation.
                                          

Joël ETTIEN
        Directeur de publication: businessactuality.com

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